La police a appelé jeudi les habitants d'Urumqi à rester chez eux alors qu'une manifestation se déroulait dans la capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest de la Chine) secouée en juillet par des troubles meurtriers, ont indiqué des témoins.
"Les Hans ont fait une espèce de manifestation"
Ces témoins, contactés par l'AFP, ont ajouté que la police avait mis en place des contrôles de la circulation après le début d'une manifestation, apparemment de plusieurs centaines de Hans, membres de l'ethnie majoritaire en Chine.
"Les Hans ont fait une espèce de manifestation (...) qui semblait pacifique", a indiqué un médecin. "La police a imposé des contrôles routiers et nous a demandé de rester chez nous", a ajouté Halisha, médecin de la communauté ouïghoure, musulmane et de langue turque, en précisant ne pas avoir entendu de tirs.
La propriétaire d'une boutique du centre a indiqué que "beaucoup de personnes" manifestaient toujours en fin d'après-midi. "J'ai fermé ma boutique. J'ai peur de sortir. Beaucoup de gens sont en train de manifester dans les rues", a-t-elle dit avant de raccrocher brutalement.
"J'ai fermé ma boutique. J'ai peur de sortir"
"Nous avons appris que plus de dix Ouïghours ont été blessés, a déclaré à l'AFP le porte-parole du Congrès ouïghour mondial, Dilat Raxit, basé en Allemagne, "jusqu'à 7 ou 800 personnes manifestent en ce moment". Ni les autorités municipales ni le gouvernement régional n'étaient joignables dans l'immédiat.
Une femme Han a indiqué que les deux derniers jours avaient été particulièrement tendus à Urumqi et que les manifestants n'étaient pas concentrés en un seul endroit de la ville de près de deux millions d'habitants. Faisant état d'une situation "tendue", un commerçant a indiqué pour sa part qu'"il se passe quelque chose à la gare ferroviaire" et que "beaucoup de gens étaient rentrés chez eux".
"Certains magasins ont été fermés, d'autres non", a ajouté cet homme, appelé Anwar. Un autre habitant d'Urumqi, un Han, Chen Xiping, a confirmé par téléphone à l'AFP la tenue d'une manifestation.
"Oui il y a eu une manifestation aujourd'hui", a-t-il dit, "tous mes amis en parlent. Il y a eu des choses comme cela ces dernières semaines". "Les Hans sont toujours en colère qu'on n'arrive pas à les protéger", a-t-il expliqué.
"Les Hans sont toujours en colère"
Urumqi avait été secouée début juillet par des violences interethniques entre Hans et Ouïghours qui ont fait au moins 197 morts selon les autorités chinoises, mais "beaucoup plus", selon l'opposition en exil de cette communauté. Les violences ont apparemment éclaté le 5 lorsque que des Ouïghours s'en sont pris à des Hans. Mais les jours suivants, des Hans armés de bâtons et de couteaux avaient déferlé dans les rues pour se venger. (belga/th)


