165 milliards de subventions allemandes pour le nucléaire depuis 1950

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Par: rédaction
3/09/09 - 17h36

L'industrie du nucléaire en Allemagne a reçu 165 milliards d'euros de subventions cumulées depuis 1950 et pourrait encore en recevoir plus de 90 milliards dans les années à venir, indique une étude commandée par Greenpeace et rendue publique jeudi.

Le contribuable casque depuis près de 60 ans
Ce chiffre, établi par le Forum pour une économie sociale de marché et écologique, à la demande de l'organisation écologiste, représente l'addition des aides directes, des incitations à la recherche, des exemptions de fiscalité et des coûts liés au traitement des déchets ou à la fermeture des centrales de l'ex-RDA.

"Avec l'argent des contribuables, le gouvernement remplit les poches des multinationales du nucléaire", affirme Andree Böhling, spécialiste de l'énergie chez Greenpeace, qui rappelle que les entreprises opérant en Allemagne Eon, RWE, Vattenfall et EnBW ont réalisé depuis 2000 des bénéfices cumulés de 100 mds EUR.

L'Allemand paye deux fois: contribuable et consommateur
"L'énergie nucléaire n'a d'intérêt que pour les groupes énergétiques qui ponctionnent deux fois les citoyens allemands: en tant qu'utilisateur et en tant que contribuables", poursuit M. Böhling. Le véritable coût du kilowatt d'électricité nucléaire devrait être augmenté de 4 cent pour tenir compte de ces subventions, souligne Greenpeace.

Interrogé pour cette étude par le Forum, le gouvernement allemand avait estimé à 200 millions d'euros les aides accordées à ce secteur, "car il ne prend pas en compte la réglementation très favorable" qui lui est accordée en dérogation des règles de droit commun, ou encore "la définition très restrictives de ce qui constitue une aide".

Manifestation anti-nucléaire samedi à Berlin
Samedi, une marche est organisée à Berlin pour protester contre le prolongement de la durée de vie des centrales allemandes, envisagée par les conservateurs de la CDU et les libéraux du FDP, qui pourraient gouverner ensemble après les législatives du 27 septembre. Les manifestants veulent aussi la fermeture du site de stockage de déchets radioactifs, jugé peu sûr, de Gorleben (est).

En dépit d'une opinion publique largement hostile au nucléaire, l'avenir des centrales allemandes et de cette source d'énergie n'est pratiquement pas abordé dans la campagne électorale. (belga/th)

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