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Barroso peine à convaincre les socialistes

Poul Nyrup Rasmussen, le président du Parti socialiste européen
Poul Nyrup Rasmussen, le président du Parti socialiste européen
Véronique De Keyser (PS) n'a pas été convaincue par les arguments de Barroso.
Véronique De Keyser (PS) n'a pas été convaincue par les arguments de Barroso.
Le président sortant de la Commission européenne, José Manuel Barroso a peiné mercredi à convaincre les eurodéputés socialistes de le soutenir pour un second mandat. M. Barroso a été auditionné mercredi matin à huis-clos par le groupe socialiste, première étape d'une journée chargée, au cours de laquelle il sera également entendu par les libéraux et les écologistes. En début de soirée, il s'adressera aussi au nouveau groupe populiste et europhobe ELD, formé par l'UKIP britannique et la Ligue du Nord italienne.
 
A l'issue de l'entretien, les socialistes ne cachaient pas leur scepticisme face aux propositions avancées par M. Barroso. "C'est un bon acteur, mais un mauvais politicien", a dit le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen. "Ses réponses ne sont pas concrètes". La Belge Véronique De Keyser (PS) s'est quant à elle déclarée "pas du tout convaincue" par la prestation du Portugais. Si elle a salué sa combativité, elle a mis en question ses choix économiques et sa capacité de peser face aux dirigeants des grands pays.
 
Les socialistes regrettent notamment que M. Barroso ne se soit pas engagé à revoir la directive sur le détachement des travailleurs, source selon eux de dumping social à travers l'UE. Ils attendent également des initiatives plus fortes contre la montée du chômage. Face aux réponses jugées insatisfaisantes de M. Barroso, la tendance sera dès lors au rejet ou à l'abstention, ont indiqué plusieurs d'entre eux.
 
Mais avant le vote proprement dit, les députés du groupe devaient se prononcer mercredi après-midi sur les questions de calendrier. Ils devaient en particulier se pencher sur l'opportunité de mettre la candidature de M. Barroso au vote le 16 septembre, comme le souhaitent les partisans de ce dernier. Une alternative serait de voter en octobre, après le référendum irlandais sur le traité de Lisbonne. Une autre possibilité consisterait à approuver M. Barroso ad interim jusqu'à l'entrée en vigueur du traité, qui n'interviendra pas avant la fin de l'année.
 
Ces solutions de rechange jetteraient à nouveau le doute sur les chances de succès du président sortant, dont l'investiture a déjà été reportée une première fois en juillet. Non seulement un nouveau report serait assimilé à un désaveu, mais il changerait la donne politique. Si le traité de Lisbonne est approuvé en Irlande - et dès lors quasi certain d'entrer en application -, l'UE devra se trouver un candidat pour le poste de président stable du Conseil européen. Cette négociation pourrait donner lieu à un marchandage défavorable pour M. Barroso, par exemple si elle implique la candidature de Tony Blair. De nombreux Européens sont en effet opposés à l'idée de confier les deux postes clés de l'UE à des partisans de la guerre en Irak.
 
En outre, sous le traité de Lisbonne, le candidat à la présidence de la Commission doit recueillir une majorité absolue des voix, nettement plus difficile à obtenir que la majorité simple prévue par les règles actuelles. (belga/mb)
09/09/09 15h51
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