Le procès de l'ancien président péruvien Alberto Fujimori, accusé de violations des droits de l'homme, s'est ouvert lundi à Lima, à la direction des opérations spéciales de la police où il est détenu depuis son extradition du Chili, le 22 septembre dernier.
L'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), qui avait fui durant sept ans la justice péruvienne après sa démission surprise en 2000, est accusé principalement d'être l'auteur intellectuel du massacre de 25 personnes en 1991 et 1992 par un escadron de la mort. Le procès qualifié d'"historique" par la presse locale, a démarré dans le calme à 10H00 locales (16HOO HB) en présence des familles des victimes, de Keiko la fille de M. Fujimori et de nombreux journalistes et représentants d'ONG. Une dizaine de partisans de M. Fujimori portant des pancartes manifestaient en faveur de l'ancien président.
L'ancien homme fort du Pérou, aujourd'hui âgé de 69 ans, a chapeauté dans les années 90 une lutte sans merci contre la guérilla maoïste du Sentier Lumineux qui a fait 70.000 morts et disparus. C'est dans ce cadre que les massacres avaient eu lieu. Il doit aussi répondre de l'enlèvement et de la détention par le service de renseignements de l'Armée (SIE) d'un journaliste et d'un chef d'entreprise.
La chambre spéciale de la Cour suprême de justice est présidée par le juge César San Martin, assisté de deux autres magistrats. Les audiences du procès, qui pourrait durer de neuf mois à deux ans, se dérouleront trois jours par semaine dans les bâtiments de la direction nationale Opérations spéciales de la police (Diroes). La sentence sera susceptible d'appel devant la Cour Suprême péruvienne.


