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Mugabe et Tsvangirai croient en l'accord de gouvernement

Morgan Tsvangirai en compagnie de la ministre suédoise Carlsson et de Karel De Gucht
Robert Mugabe
Robert Mugabe
Les principaux protagonistes du gouvernement d'union au Zimbabwe, le président Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai, estiment que l'"accord politique global" signé voici un an est la seule issue à la crise dans laquelle ce pays a été plongé durant des années, a affirmé dimanche le commissaire européen Karel De Gucht.
 
"Ce gouvernement fonctionne, même si ce n'est pas facile", a assuré M. De Gucht à l'agence BELGA depuis Harare, où il dirige la première délégation de haut niveau de l'Union européenne à se rendre au Zimbabwe depuis sept ans.
 
Gouvernement d'union
Les deux hommes ont en effet des "idées différentes" sur la mise en oeuvre de l'accord politique global (GPA), signé le 15 septembre 2008 et qui a conduit à la mise sur pied de ce gouvernement d'union, a reconnu le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire.
 
Selon M. De Gucht, le président Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne Rhodésie il y a 29 ans, a une vision "légaliste" de cet accord, pour en "freiner" l'application, alors que M. Tsvangirai "veut aller de l'avant".
 
"Le gouvernement fonctionne, il se réunit toutes les semaines, mais ce n'est pas facile", a-t-il souligné, insistant sur la différence entre la situation actuelle et le "chaos" de l'après-élection présidentielle de mars 2008, qui avait conduit le pays au bord de la guerre civile.
 
Diminution des violences
M. De Gucht a ainsi noté que les violences s'étaient réduites, que l'inflation avait diminué - après avoir atteint des taux de plusieurs milliards pour cent en 2008 - et qu'une reprise économique se faisait sentir.
 
Mais il en faudra réunir davantage de conditions pour sortir le Zimbabwe du marasme, a prévenu le commissaire européen, insistant sur la nécessaire relance de l'agriculture et la réforme agraire ainsi que sur un changement de la législation sur les investissements - qui stipule actuellement que l'Etat doit être propriétaire à 51% de toute entreprise.
 
La délégation de l'UE a eu samedi des entretiens séparés avec les deux hommes, dirigeants de deux formations opposées qui ont finalement formé un gouvernement d'union en février, après des mois de crise, née en 2008 d'un échec électoral de la Zanu-PF, le parti de M. Mugabe. Elle devait encore rencontrer dimanche le vice-Premier ministre Arthur Mutambara, qui dirige une faction dissidente du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai.
 
Interrogé sur l'éventuelle levée des sanctions européennes touchant M. Mugabe et certains de ses proches, M. De Gucht a affirmé que le président en avait parlé. "Mais il n'était pas braqué" sur ce sujet lors de l'entretien, a souligné le commissaire.
 
Gel de l'appui européen
Il a affirmé que ces sanctions "individuelles" faisaient partie du dialogue politique entre l'UE et le Zimbabwe, laissant entendre que leur levée dépendait du processus politique en cours dans ce pays d'Afrique australe.
 
Ces sanctions incluent un gel de l'aide européenne, en dehors de l'aide humanitaire et sociale directe à la population, ainsi que l'interdiction de présence sur le sol européen pour 203 Zimbabwéens, dont M. Mugabe et sa femme Grace, et 40 entreprises.
 
M. De Gucht a rappelé que ces sanctions n'avaient pas empêché l'Union de rester le principal donateur d'aide humanitaire au peuple zimbabwéen. Depuis 2002, elle a fourni 572 millions d'euros d'aide.
 
Le commissaire européen devait visiter dimanche deux projets soutenus par l'office humanitaire de l'Union européenne (ECHO), dont l'un dans le district de Chitungwiza, près de la capitale, Harare, frappé par une épidémie de choléra. (belga/acx)
13/09/09 13h50
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