MISE À JOUR
Trois hommes d'origine afghane ont été arrêtés aux Etats-Unis dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat présumé sur le sol américain, a annoncé dimanche le Département de la Justice.
Outre ces arrestations, le FBI enquête également sur d'autres suspects "aux Etats-Unis, au Pakistan et ailleurs en rapport avec un complot pour faire exploser des bombes artisanales aux Etats-Unis", selon des procès-verbaux cités par le Département de la Justice.
Samedi soir, un chauffeur de bus de 24 ans, Najibullah Zazi, et son père Mohammed, 53 ans, tous deux d'origine afghane, ont été arrêtés dans le Colorado, dans l'ouest des Etats-Unis, selon un communiqué du ministère.
Ahmad Wais Afzali, 37 ans, Afghan lui aussi, a été appréhendé ultérieurement à New York, a précisé le communiqué.
"Chacune de ces personnes fait l'objet d'une plainte pour avoir sciemment et délibérément fait de fausses déclarations au FBI dans une affaire liée au terrorisme international et national", selon le communiqué.
Les arrestations ont été effectuées après des opérations de police à New York et dans le Colorado et après que Najibullah Zazi eut été interrogé pendant trois jours à Denver (Colorado).
Selon la presse américaine, les enquêteurs se sont concentrés sur un possible projet d'attentat à New York. Celui-ci ciblait les transports en commun, comme une station de métro à correspondances multiples, a rapporté CNN, citant des sources proches de l'enquête.
Selon les médias, les enquêteurs ont retrouvé à New York 14 sacs à dos neufs, une découverte qui est venue alimenter des craintes selon lesquelles les suspects auraient voulu transporter des bombes en vue d'attentats-suicide.
Selon ABC News citant des autorités non identifiées, "Zazi avait sur lui des instructions sur la manière de fabriquer une bombe avec des produits chimiques ménagers".
Dans une interview téléphonique au quotidien Denver Post, publiée dimanche, Najibullah Zazi a nié tout lien avec Al-Qaïda ou toute implication dans un complot.
"Ce n'est pas vrai", a-t-il dit. "Je n'ai rien à cacher. Les médias racontent n'importe quoi. Ils ont rapporté toutes ces idioties", a-t-il ajouté.
Le ministère de la Justice a déclaré dimanche avoir intercepté des communications téléphoniques entre Najibullah Zazi, Mohammed Zazi et Afzali sur le 11 septembre. Ils y indiquaient qu'Afzali avait été interrogé par les autorités.
Najibullah Zazi a indiqué à Afzali que son automobile avait été volée et qu'il craignait d'être "surveillé", selon des procès-verbaux d'interrogatoires cités par le ministère.
Les enquêteurs ont également dit avoir trouvé dans la voiture de location de Najibullah Zazi à New York, où il avait rendu visite à Afzali, des images digitales de notes manuscrites notamment sur "la fabrication et le maniement de charges explosives et de détonateurs".
Najibullah Zazi "a affirmé mensongèrement ne les avoir jamais vues", selon ces déclarations.
Toujours selon les procès-verbaux, Najibullah Zazi a toutefois reconnu, lors d'un interrogatoire à Denver, avoir "suivi des cours sur l'utilisation d'armes et d'explosifs dans un camp d'entraînement d'Al-Qaïda" à l'occasion d'un voyage au Pakistan en 2008.
Najibullah Zazi, qui réside légalement et de manière permanente aux Etats-Unis de même que Mohammed Zazi, naturalisé américain, doivent être présenté lundi devant une cour fédérale du Colorado. Le même jour, Afzali, qui est également un résident permanent, doit se présenter devant une cour fédérale de New York.
En cas d'inculpation ils risquent tous une peine de huit ans de prison. (belga)


