Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a relativisé vendredi la portée de la visite de son homologue russe Vladimir Poutine, qu'il recevait à Minsk, en expliquant qu'elle n'avait pas pour objet la relance de l'Union Russie-Bélarus. "Les pronostics en Russie et au Bélarus concernant votre visite m'ont étonné. J'ai été étonné de voir que votre visite a provoqué une agitation en Occident", a déclaré M. Loukachenko au début de leurs entretiens.
Le président Poutine effectue sa première visite d'Etat au Bélarus depuis son arrivée au pouvoir en 2000 alors qu'un projet d'Union Russie-Bélarus, destiné à intégrer les deux pays dans une même structure étatique, progresse lentement. L'annonce de cette visite surprise avait relancé les spéculations, immédiatement démenties des deux côtés, sur sa reconversion comme chef d'un nouvel Etat réunissant la Russie et le Bélarus, alors qu'il doit quitter le Kremlin en 2008 après deux mandats consécutifs.
"Il n'y a ici aucun sous-entendu. Nous sommes un pays ami au sein de l'Union (Russie-Bélarus). Cela aurait été étonnant si vous n'étiez pas venu nous voir", a dit M. Loukachenko. "Malgré les informations diffusées dans les médias, la question de l'acte constitutionnel de l'Union Russie-Bélarus est absente de l'ordre du jour. Aucune discussion à ce sujet n'est prévue", a-t-il martelé.
Le partage des pouvoirs entre Moscou et Minsk au sein de l'Union Russie-Bélarus (essentiellement économique pour l'heure) doit être défini par un acte constitutionnel dont la signature traîne depuis plusieurs années. M. Loukachenko a précisé que l'ordre du jour n'avait "rien d'extraordinaire" et qu'il aborderait "de nombreuses questions" avec M. Poutine, "à commencer par la défense et la sécurité, jusqu'à l'économie". Si l'acte constitutionnel est exclu de l'ordre du jour officiel, rien n'empêche que la question soit abordée en tête à tête entre les deux chefs d'Etat. (afp)
Tous les droits réservés.