Trois ans après le tsunami qui a frappé une dizaine de pays autour de l'océan Indien, les donateurs saluent les progrès de la reconstruction en cours en Indonésie, la nation la plus touchée.
6 milliards de dollars
Le 26 décembre 2004, un séisme de magnitude 9,3 au large de l'île de Sumatra générait des vagues géantes qui faisaient 220.000 morts dont 168.000 dans la région indonésienne d'Aceh. Des centaines de kilomètres de littoral y étaient ravagés. Jakarta avait estimé le coût de la reconstruction d'Aceh à 4,78 milliards de dollars. Mais la province a finalement bénéficié d'une manne d'environ 6 milliards de dollars fournie par la communauté internationale, un record pour l'Indonésie.
La bureaucratie indonésienne, le laborieux montage des projets d'assistance dans un pays rongé par la corruption et les longs déblocages de l'argent public dans les pays donateurs ont retardé l'immense chantier: les gros programmes d'infrastructures, les plus longs et les plus chers, n'ont vraiment débuté qu'en 2006 et ils dureront au moins jusqu'en 2009. Des responsables indonésiens et étrangers s'estiment, aux deux tiers du chemin parcouru, satisfaits.
MDF
Le Fonds multidonateur (MDF), un vaste fonds fiduciaire de 673 millions de dollars administré par la Banque mondiale, a annoncé avoir affecté à divers projets de réhabilitation 492 millions, desquels 270 ont déjà été dépensés. "Au final on voit les résultats sur le terrain, c'est un programme qui concerne des routes, des maisons, les moyens d'existence de la population, des écoles, des hôpitaux", a déclaré cette semaine à Jakarta Joachim von Amsberg, directeur de la Banque mondiale en Indonésie. Le Fonds multidonateur a selon lui permis de réaliser des milliers de kilomètres d'axes routiers, 282 écoles et 43 cliniques. Des actions pour prévenir les détournements ont été prises, a-t-il assuré. "Je n'affirmerais jamais qu'il y a zéro corruption et zéro perte dans les financements de la Banque mondiale, mais je dirais que nous faisons, avec nos partenaires, ce que nous pouvons raisonnablement faire pour réduire ces riques".
ONG humanitaires
A Aceh la majorité de l'aide n'a toutefois pas été financée par le Fonds multidonateur mais par des ONG humanitaires, d'autres institutions internationales comme celles de l'ONU et des gouvernements étrangers. Tout l'effort continue à être coordonné côté indonésien par l'Agence de réhabilitation et de reconstruction d'Aceh et Nias (BRR). Son chef, Kuntoro Mangkusubroto, un ancien ministre réputé intègre, a estimé que la paix retrouvée à Aceh a été cruciale. "Je ne peux imaginer que nous aurions réalisé cela sans la paix sur le terrain", a-t-il déclaré mercredi à l'AFP. La région autrefois fermée a été le théâtre pendant 29 ans d'un conflit séparatiste meurtrier. La catastrophe du tsunami a paradoxalement permis de la pacifier et d'y organiser des élections libres. Le BRR avait fixé l'objectif de reconstruire 120.000 habitations et selon M. Mangkusubroto le cap des 100.000 a été dépassé.
En revanche moins de la moitié des 2.000 écoles prévues ont été bâties. Le patron du BRR estime que l'incertitude règne sur l'après-2009, quand l'agence bouclera sa mission: les autorités locales pourraient peiner à reprendre le flambeau. Un autre souci majeur pour les années à venir sera l'économie: si les habitants d'Aceh disposeront d'un foyer, les experts ne prévoient pas de relance des secteurs industriel et agricole, en pleine stagnation. (afp)
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