Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) est persuadé de l'innocence de Moussa Kaka, correspondant de Radio France Internationale au Niger, et d'Ibrahim Manzo, directeur du bimensuel nigérien Aïr-Info, incarcérés pour des liens présumés avec des rebelles touareg.
"Je suis persuadé qu'ils n'ont rien fait d'illégal", a déclaré mardi soir à la presse Robert Ménard, venu pendant trois jours à Niamey pour soutenir les deux journalistes. Robert Ménard et Léonard Vincent, responsable RSF pour l'Afrique, ont rendu visite à deux reprises à Moussa Kaka. Ils ont également rencontré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Mohamed Ben Omar, Daouda Diallo, président du Conseil supérieur de la Communication (CSC) et le procureur de la république. Interrogé par l'AFP à l'issue de l'entretien, M. Ben Omar a parlé d'un "délicat problème".
Écoutes téléphoniques "illégales"
Il a répété que Moussa Kaka était "poursuivi pour un délit de droit commun de connivence avec des bandits armés". M. Ménard a relevé une "importante avancée" vendredi avec une décision du juge d'instruction de retirer du dossier des enregistrements d'écoutes téléphoniques considérées comme "illégales". "Le seul élément à charge contre Moussa Kaka tombe de lui-même", a commenté Robert Ménard.
L'article 22 de la Constitution garantit le secret de la correspondance et des communications des citoyens. Le procureur de la République a toutefois fait appel de l'ordonnance du juge. M. Kaka, également correspondant de RSF, a été inculpé et incarcéré le 26 septembre à Niamey pour "complicité d'atteinte contre l'autorité de l'Etat" pour des liens présumés avec les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ).
Il risque la prison à vie. Ibrahim Manzo est pour sa part incarcéré depuis le 9 octobre à Agadez (nord) pour "association de malfaiteurs" et liens présumés avec les rebelles. Pour Robert Ménard, ils ne devraient pas être poursuivis "si la seule chose qu'on leur reproche était d'avoir parlé avec les rebelles". Ibrahim Manzo est aussi détenu sur la base de conversations téléphoniques avec les rebelles. (afp)
Tous les droits réservés.