Un garde civil espagnol a été tué et un autre blessé samedi matin à Capbreton (sud-ouest de la France) lors de tirs impliquant des membres présumés d'ETA qui ont pris la fuite en voiture, a-t-on appris auprès de la police française et du ministère de l'Intérieur espagnol.
"Après la fusillade, les etarras présumés ont pris la fuite à bord d'un véhicule immatriculé en Gironde qu'ils ont rapidement abandonné dans le centre de Capbreton pour s'emparer d'un autre véhicule, conduit par une femme avec laquelle ils sont partis", a indiqué le parquet de Paris. "La conductrice a par la suite été relâchée par les deux hommes à l'orée d'un bois non loin de Bordeaux" à Saucats, a-t-on précisé de même source, en ajoutant qu'elle était saine et sauve. Elle a été embarquée de force à Saint-Sever (Landes), a précisé la gendarmerie qui a ajouté qu'un "plan Epervier a été déclenché dans tout le Sud-Ouest".
Golf grise
Une Golf grise immatriculée en Gironde est recherchée, a-t-on précisé. Les gendarmes de Dordogne, Gironde, Lot-et-Garonne, Landes et de la région Poitou-Charentes sont mobilisés. Les faits se sont déroulés vers 09H30 à Capbreton, une station balnéaire située à une vingtaine de km du Pays basque français et à 50 km de la frontière espagnole, sur le parking d'une cafétéria, a indiqué la direction d'un supermarché situé face aux lieux. Selon les premiers éléments de l'enquête du parquet de Paris qui restent à confirmer, il n'y aurait pas eu d'échange de tirs entre policiers espagnols et membres présumés de l'ETA mais des tirs des etarras en direction des policiers espagnols qui avaient été repérés et n'auraient pas riposté.
La chef de la section antiterroriste du parquet de Paris, Anne Kostomaroff, a été dépêchée sur place en compagnie de Frédéric Veaux, chef de la Division nationale antiterroriste (DNAT), a précisé le parquet. En visite en Allemagne, le ministre de l'Intérieur espagnol Alfredo Perez Rubalcaba a affirmé pour sa part que les deux hommes avaient été atteints lors d'un échange de tirs avec deux agresseurs, membres présumés de l'organisation armée basque ETA, alors qu'ils sortaient d'un restaurant.
Zapatero condamne
Dans une déclaration devant les médias à Madrid, José Luis Rodriguez Zapatero, a "très fermement" condamné ces actes, ajoutant que l'ETA "n'obtiendra jamais ce qu'elle veut par la violence". Selon la ministre de l'Intérieur française Michèle Alliot-Marie, également présente en Allemagne, les militaires espagnols étaient en France pour aider à repérer des membres de l'ETA. Les deux ministres ont annoncé qu'ils se rendraient sur place samedi après-midi.
Les deux militaires espagnols se trouvaient dans un véhicule portant des plaques d'immatriculation du ministère français de l'Intérieur, a précisé une source proche du dossier. Selon l'hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), le garde civil blessé serait dans un "état critique". Ces deux agents, Raul Centeno et son collègue blessé Fernando Trapero, participaient à un plus ample dispositif auquel prenaient part d'autres gardes civils et des policiers français, selon des sources de la lutte antiterroriste espagnoles. "Il s'agit d'opérations classiques qui tendent à repérer les personnes de l'ETA qui viennent se réfugier sur le territoire français ou préparer des opérations", a affirmé à la presse Mme Alliot-Marie, à Berlin, avant de condamner, dans un communiqué, "cet acte odieux". (afp)
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