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18 morts et 61 personnes infectées en Ouganda par l'Ebola

Par: rédaction
2/12/07 - 17h40

Au moins 18 personnes ont succombé en Ouganda à une nouvelle souche du virus de la fièvre hémorragique Ebola, qui s'est propagée dans trois zones du district de Bundibugyo (ouest), où la situation sanitaire est aggravée par la fuite de médecins craignant d'être infectés.

"Dix-huit personnes sont mortes et nous avons 61 cas" de personnes infectées, a déclaré Sam Zaramba, l'un des médecins les plus réputés du pays, travaillant pour le ministère ougandais de la Santé. "La maladie a touché trois zones (du district)", a indiqué à l'AFP dimanche Samuel Kazinga, responsable du district de Bundibugyo (280 km à l'est de la capitale Kampala). Selon un responsable du ministère de la Santé s'exprimant sous couvert d'anonymat, deux cas suspects et en cours d'analyse ont aussi été détectés en dehors du district de Bundibugyo: l'un dans le district de Mabarara (160 km au sud-est de Bundibugyo) et l'autre dans le district voisin de Fort Portal (25 km à l'est de Bundibugyo).

Selon ce responsable, une équipe d'experts du laboratoire du Centre de contrôle et de prévention des maladies d'Atlanta (Etats-Unis), qui a révélé l'épidémie grâce à ces analyses, devrait arriver mardi en Ouganda, "avec de l'équipement permettant de détecter le virus plus rapidement". "Nous manquons de personnel de santé. Nous avons besoin de plus de personnel parce que les personnes qui étaient sur le terrain - trois médecins et une infirmière - ont été infectées", a souligné M. Zaramba. Selon ce médecin, le premier cas d'Ebola a été signalé le 10 novembre à Bundibugyo, tout près de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) et à quelque 280 km à l'ouest de Kampala.

Cette souche du virus est une "nouvelle souche avec des caractéristiques et des symptômes différents", a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignant le "défi" que représentait cette situation. Jusqu'ici trois souches de ce virus avaient été identifiées. Plusieurs travailleurs de santé ont abandonné leurs patients et ont fui la zone de Bundibugyo de peur d'être infectés, a déclaré sous couvert d'anonymat un responsable gouvernemental, cité dans une édition spéciale du quotidien ougandais New Vision consacrée à l'épidémie. Au total, 19 patients ont été mis en quarantaine dans l'hôpital de Bundibugyo. Une épidémie de la fièvre Ebola, maladie très contagieuse mortelle dans 50 à 90% des cas, a tué au moins 173 personnes dans le nord de l'Ouganda en 2000.

Les symptômes du virus Ebola sont un état fiévreux et des douleurs musculaires, suivis de vomissements, de diarrhées et d'hémorragies internes. Mais selon les premières informations obtenues sur le terrain, cette nouvelle souche semble provoquer la mort des malades par forte fièvre plutôt que par hémorragie. Au Rwanda, pays voisin de l'Ouganda, les autorités ont annoncé samedi le renforcement des contrôles médicaux à la frontière avec ce pays et conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre à Bundibugyo, à environ 240 km au nord de la f rontière rwandaise. Cette épidémie en Ouganda survient alors qu'une autre épidémie d'Ebola, qui avait sévi d'avril à octobre 2007 dans la région congolaise du Kasaï occidental, a été déclarée terminée à la mi-novembre en RDC voisine.

Depuis 1976, Ebola a été à l'origine d'une quinzaine d'épidémies en Afrique qui ont fait autour de 1.900 malades et plus de 1.300 morts, selon l'OMS. Il n'existe ni traitement spécifique ni vaccin contre ce virus. La transmission s'effectue notamment par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles ou la manipulation sans précaution de cadavres contaminés. (afp)

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