Les négociations de Bali bloquées par le calendrier électoral américain

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Par: rédaction
12/12/07 - 11h43

Le calendrier électoral américain et les préoccupations de politique intérieure de l'administration Bush en fin de mandat pèsent sur les négociations à Bali sur un futur régime mondial de lutte contre le changement climatique. Alors que les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne cessent d'augmenter et qu'il s'agit de définir des engagements ambitieux pour les réduire dans les prochaines décennies, en enrôlant les pays en développement, les Etats-Unis s'emploient à effacer de la déclaration finale, vendredi, la seule référence chiffrée ici discutée.

S'appuyant sur les recommandations des scientifiques, le projet de texte "reconnaît" que les pays développés doivent engager des réductions d'émissions sévères, de l'ordre "de 25 à 40% d'ici 2020 par rapport à 1990". Cette fourchette censée guider les négociations, avait déjà été adoptée lors d'une précédente réunion à Vienne. Mais les Etats-Unis ont clairement barré d'un trait rouge ce paragraphe qui disparaît entièrement de leur dernière proposition.

Pas de contraintes
Pour Paula Dobriansky, chef de la délégation américaine, "nous ne voulons pas préjuger ou prédéterminer où nous mènera ce processus de négociations". Plus clair encore, son négociateur Harlan Watson explique qu'en "réalité, une fois un chiffre avancé dans un texte, il donne la tonalité et l'issue des négociations". Et d'ajouter: "Nous voulons un texte neutre". La conférence de Bali n'est pas censée fixer des objectifs contraignants pour l'après-2012, en relais des premiers engagements pris au titre du Protocole de Kyoto. Elle doit simplement arrêter le cadre et le calendrier des négociations qui devront, espère l'ONU, aboutir en 2009.

Les Etats-unis, désormais seul pays industrialisé dans ce cas, n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto en arguant qu'il entraverait leur économie et sont réticents d'une manière générale à souscrire des engagements multilatéraux. "Mais ils avaient donné leur accord sur cette fourchette 25/40 cet été à Vienne, aussi personne et surtout pas l'Onu ne s'attendait à ce qu'ils fassent obstruction ici", remarque Philipp Clapp, directeur-adjoint du Pew Center, l'un des principaux "think tank" américains sur l'environnement.

Calendrier intérieur
"Cette attitude signifie surtout qu'ils ne veulent aucun objectif chiffré qu'ils seraient obligés de repousser, à un moment où même les Républicains au Congrès mettent sur la table des objectifs de réduction des émissions américaines, jusqu'à 70% en 2050", note-t-il. Selon lui, "l'administration Bush n'a aucun plan à mettre sur la table" et garde ses cartouches pour le 2e sommet (après celui de Washington en septembre) des principaux pays émetteurs qu'elle veut organiser en juillet. "S'il y a des objectifs chiffrés, ils seront annoncés là, au coeur de la campagne électorale. "La conférence de Bali est totalement victime de ce calendrier intérieur", note-t-il.

Dans la foulée, le Canada et le Japon leur ont apporté leur soutien et rejettent eux aussi toute référence aux "25/40". "Le Canada ou le Japon qui peinent à tenir leurs engagements de Kyoto et dont les émissions grimpent de plus de 1% par an, ne veulent pas avoir à supporter le poids de futurs engagements si les Etats-Unis n'en sont pas", estime-t-il. Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a déjà reconnu mercredi que "pour parvenir à un accord sur des objectifs, il faudra sans doute d'autres négociations. Mais le mieux serait de s'accorder le plus vite possible sur ce point", a-t-il glissé.

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