Expédition Tara-Océans: des coraux à gogo

La goélette océanographique Tara, partie le 4 septembre 2009 de Lorient pour un extraordinaire voyage scientifique de 150.000 km dans le sillage de Charles Darwin, croise au large de Djibouti et fait moisson de coraux récifaux dans les eaux chaudes et azuréennes du Golfe d'Aden.

Jusqu'en 2012, le voilier va arpenter toutes les mers et océans pour mener une étude inédite -de par sa globalité et continuité- sur l'impact du réchauffement climatique sur les micro-organismes marins à l'origine de la vie sur la planète bleue.

Récifs coralliens

Fin décembre, Tara est passé de la Méditerranée (étude du plancton) à la mer Rouge et vient de franchir la Porte des Larmes (Bab-el-Mandeb) qui s'ouvre sur le Golfe d'Aden et l'Océan Indien. C'est la deuxième partie de sa mission, cette fois consacrée aux récifs coralliens et à leur évolution, qui foisonnent au large de Djibouti.

Six scientifiques originaires de 5 pays -Etats-Unis, Kenya, Egypte, Italie, Principauté de Monaco- chercheurs, généticiens, biologistes et plongeurs, effectuent chaque jour des prélèvements et carottages sur ces bans de coraux récifaux immergés entre 10 et 18 mètres de profondeur, tant sur le littoral djiboutien qu'autour des petits îles qui lui font face.

Centaines d'espèces
"Depuis une semaine, explique Francesca Benzoni, biologiste à l'université de Milan et coordinatrice scientifique des missions coraux de l'expédition Tara-Océans, nous avons déjà répertorié, par nos prélèvements non destructifs (le corail repousse), plus de 120 espèces différentes de coraux.

Les échantillons prélevés seront ensuite soumis en laboratoire à des analyses moléculaires et examen de leur morphologie afin de déterminer s'ils subissent ou non une évolution dans leur structure et composition, en raison notamment du réchauffement climatique ou de l'acidité des eaux."

600 espèces de coraux récifaux (il y a aussi des coraux benthiques dans les grandes profondeurs), sont actuellement répertoriées dans le monde. "Nous espérons découvrir de nouvelles espèces", dit Francesca Benzoni qui se félicite de bénéficier pour ses travaux de l'opportunité de Tara "ce bateau agile qui est à la fois une maison, un laboratoire et un centre de plongée".

Risques

Au début de la seconde quinzaine de février, la goélette quittera Djibouti pour entrer dans les eaux du Golfe d'Aden, où sévissent les pirates somaliens de l'océan Indien. Ces pirates détiennent actuellement 11 bâtiments et quelque 270 membres d'équipage. Le "chiffre d'affaires" de leur activité avoisine les 60 millions de dollars de rançons en 2009.

Mais pour rejoindre le Sultanat d'Oman, prochaine étape de sa mission d'intérêt public internationale, Tara n'a pas le choix. Trois voies maritimes sont incontournables dans le monde: le détroit des Dardanelles, celui d'Ormuz et ... le Golfe d'Aden. Navigation à hauts risques oblige, les travaux scientifiques seront interrompus entre Djibouti et Mascate et les chercheurs remplacés par des commandos de marine français armés et préparés à repousser toute tentative d'abordage. (afp)
04/02/10 13h20
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