Accord sur les quotas de pêche 2008 dans l'UE, principale mesure sur le cabillaud
Les ministres européens de la Pêche sont parvenus à un accord mercredi matin sur la répartition des quotas de capture de poisson pour 2008 dans l'UE, avec principalement une réduction comprise entre 9% et 18% des prises de cabillaud, a indiqué la présidence portugaise de l'UE. Cela ne concerne toutefois que l'Atlantique, hors Mer du Nord, où une hausse de 11% des possibilités de prise avait déjà préalablement été décidée dans le cadre d'un accord séparé avec la Norvège.
La réduction de 9% à 18% reste inférieure à ce que demandait à l'origine la Commission européenne, sur la base des avis scientifiques. Elle avait proposé une baisse de 25%. Le cabillaud, également appelé morue, s'est considérablement raréfié depuis plusieurs années dans les eaux européennes, entraînant la mise en place de plans de protection. Toutefois, des études récentes ont montré que les stocks avaient commencé à se reconstituer dans certaines zones. C'est ce qui a permis à la Commission d'opter en parallèle pour une hausse du "total autorisé de capture" (TAC) de 11% en 2008.
La France avait notammment pris argument de cette décision pour demander que le quota de cabillaud en mer Celtique, où pêchent de nombreux chalutiers bretons, évolue de la même manière. Au final, elle devra se contenter d'une baisse de 9% des possibilités de capture. Paris a obtenu en revanche qu'un nouveau point soit fait "dans les prochains mois" pour évaluer les plus récentes études scientifiques sur l'état des réserves de cabillaud dans cette zone. Le gouvernement français met en avant une étude de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) qui montre selon lui que la situation s'est améliorée. "Nous ne sommes pas maltraités par rapport à d'autres", a souligné un diplomate français.
Le ministre français de la Pêche Michel Barnier a parlé d'un compromis équilibré, faisant valoir que l'accord avait été adopté à l'unanimité. D'autres baisses importantes de quotas ont été également décidées pour des poissons comme le merlan bleu, le hareng et la plie. Concernant l'anchois dans le golfe de Gascogne, objet de conflits récurrents entre pêcheurs français et espagnols, les ministres ont décidé de maintenir en l'état la fermeture de la pêche pour permettre à l'espèce de continuer à se reconstituer.
Ils attendent un avis scientifique qui sera rendu en mai avant d'envisager l'éventuelle réouverture à partir du mois de juillet. "Je la souhaite, de manière encadrée", a dit Michel Barnier. (afp)