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Mercure révèle ses mystères

La sonde américaine Messenger, qui a survolé Mercure le 14 janvier, a transmis des centaines d'images et de nombreuses données de la face cachée et mystérieuse de la plus petite planète du système solaire jugée surprenante par les scientifiques.

"Nous avons été constamment surpris car Mercure ne s'est pas révélée être la planète que nous attendions en étant totalement différente de notre Lune", a dit mercredi devant la presse Sean Solomon, de la Carnegie Institution, le principal scientifique de la mission. "C'est au contraire une planète très dynamique où il se passe énormément de choses", a-t-il ajouté en référence aux activités volcaniques et à la magnétosphère de Mercure.

Alors que Mercure ressemble à première vue à la Lune avec de nombreux cratères grêlant sa surface rocheuse, cette planète est en fait très différente, insiste ce scientifique en présentant avec plusieurs autres membres de la mission les premiers résultats de la moisson d'informations et d'images collectés. "Ce survol nous a permis de voir une partie de la planète qu'aucun engin spatial n'avait vue auparavant et d'obtenir (...) une mine d'informations passionnantes", a souligné Sean Solomon.

Quelque 55% de la surface n'avait jamais été observée jusqu'alors. Messenger (Mercury Surface, Space Environment, Geochemistry and Ranging) s'était approchée le 14 janvier à près de 200 kilomètres de la surface de Mercure, marquant le premier survol depuis 1975 de la planète la plus proche du soleil. Mariner 10 avait été le premier engin à s'approcher de Mercure à trois reprises en 1974 et 1975 mais à chaque passage, la planète présentait la même face au Soleil.

Les sept instruments de Messenger ont permis de montrer une topographie des cratères et autres formations géologiques de la partie jusque-là cachée de Mercure. Ils montrent que la planète la plus proche du soleil, dont le diamètre n'est qu'un tiers celui de la Terre, a des falaises de plusieurs centaines de kilomètres de long formées apparemment par le mouvement des plaques tectoniques au début de son histoire. Sa surface est aussi marquée par de nombreux cratères ayant résulté d'impacts très anciens d'astéroïdes et aussi probablement de volcans.

Messenger a pu aussi photographier des bassins de plus de 2.000 mètres de profondeur ainsi que des montagnes culminant à près de 5.000 mètres et également des plaines. Messenger a notamment découvert une formation géologique présentant des caractéristiques très inhabituelles que les scientifiques de la mission ont baptisée "The Spider" (l'araignée).

"Cette formation géologique a un cratère (de 41 kilomètres de circonférence) près de son centre mais il est impossible de déterminer s'il est lié ou non à cette formation ou s'il s'est formé ultérieurement", a souligné James Head, un des membres de l'équipe scientifique et professeur à l'université Brown (Rhode Island, est). (afp)

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