Un accord européen sur le climat d'ici fin 2008
Les dirigeants européens vont affirmer vendredi leur détermination à trouver un accord d'ici la fin de l'année sur un plan d'action pour tenir leurs objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre et montrer l'exemple au niveau international.
Mais ce volontarisme n'occulte pas leurs nombreuses préoccupations, retranscrites dans le texte qu'ils devaient adopter à l'issue de deux jours de sommet à Bruxelles. Elles ne remettent toutefois pas en question les engagements pris en mars dernier ni l'objectif de parvenir à un accord pour la fin de l'année afin de permettre l'adoption de mesures concrètes "au plus tard début 2009".
AmbitionsL'UE veut réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990 d'ici à 2020 et porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation. Une révision de l'objectif de 10% de part des biocarburants dans la consommation des véhicules européens n'est toutefois pas exclue. Leur production est cause de déforestation, de pénuries alimentaires, de renchérissement des prix et de mouvements de populations.
Les dirigeants européens envisagent "une révision de l'objectif fixé", a indiqué jeudi soir le Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside l'UE jusqu'en juin. Certains dirigeants s'inquiètent aussi du risque de délocalisation de certaines activités industrielles très polluantes exposées à la concurrence de rivaux installés dans des pays ne participant pas à l'effort mondial de réduction des gaz a effet de serre.
CraintesLe président français Nicolas Sarkozy s'est prononcé à nouveau au sommet pour un "mécanisme qui permettrait de frapper les importations des pays qui ne respectent pas les règles". "Il faut dire dès 2009 ce qui va se passer et ne pas attendre 2010, pour donner de la visibilité aux industriels", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. Mais d'autres pays redoutent "une spirale sans fin de rétorsions", a souligné le chef du gouvernement italien Romano Prodi.
Un accord international permettra d'éviter de tels affrontements, a insisté le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso. Pour cette raison, l'Union doit donner l'exemple de sa volonté de tenir ses engagements, pour emporter l'adhésion des autres pays industrialisés et des pays émergents comme la Chine et l'Inde lors des négociations sur le climat prévues fin 2009 à Copenhague, a-t-il expliqué.
Protections possibles"Sinon nous aurons un accord pour une partie du monde qui produit 14% des émissions de gaz à effet de serre et rien pour ceux qui produisent près de 90% de ces émissions", a souligné le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt. "Il est possible que nous ne parvenions pas à un accord global en 2009", a toutefois admis M. Barroso.
"Nous ne voulons pas que nos industries aillent ailleurs et dans ce cas, très rapidement, nous aurons dans notre législation des mesures pour les protéger", a-t-il assuré. Il a toutefois refusé de préciser ces protections à ce stade. Plusieurs secteurs de l'industrie lourde, notamment sidérurgistes et cimentiers, font pression sur les gouvernements pour pouvoir continuer à polluer sans trop de frais.
Obligation de payer
Alors que l'un des piliers du plan européen est l'obligation de payer les permis de polluer à partir de 2013. L'accord recherché pour fin 2008 doit permettre "une transition vers une économie produisant peu de composants carbonés compatible avec le développement durable de l'UE, sa compétitivité, sa sécurité d'approvisionnement et la sécurité alimentaire", ceci en évitant des "coûts excessifs pour les Etats membres", insistent les dirigeants dans leur conclusions, résumant leurs préoccupations.