La construction du carcan d'acier destiné à soutenir le marronnier d'Anne Frank, malade, est terminée et la structure a été inaugurée mercredi, a annoncé la Fondation Support Anne Frank Tree.
"Le boulot est accompli", s'est réjoui Arnold Heertje, un célèbre professeur d'économie qui dirige la Fondation. "Ce n'est pas qu'un arbre. Il est lié à l'histoire dramatique de la persécution des juifs à Amsterdam et à Anne Frank. Il était la seule chose qu'elle apercevait du monde extérieur", a expliqué M. Heertje.
Chute
Le carcan doit permettre de prolonger de quelques années la vie du marronnier de 150 ans, malade et atteint par des parasites, et dont la municipalité avait autorisé l'abattage à la demande du propriétaire du jardin dans lequel il pousse, mitoyen à celui de la Maison d'Anne Frank.
Celui-ci craignait que l'éventuelle chute de l'arbre ne provoque des dommages ou ne fasse des victimes dans les immeubles aux alentours, dont la Maison Anne Frank, un des musées les plus visités de la capitale. Les avis varient sur les années qu'il reste à l'arbre, mais en principe, la structure doit tenir près de 25 ans.
Plusieurs personnes s'étaient mobilisées pour éviter la disparition de l'arbre, et à l'issue d'un imbroglio juridique, en janvier, la décision de construire un carcan d'acier pour éviter que l'arbre ne tombe avait été accepté par toutes les parties. Coût de l'opération, à charge de la Fondation Support Anne Frank Tree, mais largement couverte par les dons: 75.000 euros.
Histoire
Le marronnier est à plusieurs reprises évoqué dans le mondialement célèbre "Journal d'Anne Frank". La jeune fille juive, qui vivait cachée dans l'annexe d'une maison de maître au bord d'un canal, y écrit par exemple le 23 février 1944: "Nous avons regardé tous les deux le bleu magnifique du ciel, le marronnier dénudé aux branches duquel scintillaient de petites gouttes, les mouettes et d'autres oiseaux, qui semblaient d'argent dans le soleil et tout cela nous émouvait et nous saisissait tous deux à tel point que nous ne pouvions plus parler".
Plusieurs greffons ont été prélevés sur l'arbre, qui devraient permettre à terme de replanter un marronnier génétiquement identique à celui qu'observait Anne Frank.
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