Les députés britanniques approuvent la création d'embryons hybrides

Les députés britanniques ont approuvé lundi en deuxième lecture l'utilisation d'embryons hybrides, issus de l'intégration d'ADN humain dans des ovules d'animaux, à des fins de recherche sur des maladies comme Alzheimer.
Lors d'un vote tenu lundi soir, la chambre des Communes (chambre basse) a rejeté à une écrasante majorité un amendement interdisant la création d'embryons hybrides, levant ainsi le dernier obstacle à leur légalisation. La mesure est la première partie d'un projet de loi controversé sur l'embryologie et la fertilisation pour lequel les débats doivent se prolonger jusqu'à mardi. Les embryons hybrides sont réservés à des fins exclusivement scientifiques. Ils doivent être détruits au plus tard au bout de 14 jours de développement et il est interdit de les implanter dans l'utérus d'une femme.
Le Premier ministre travailliste Gordon Brown, dont le fils cadet de moins de deux ans souffre de mucoviscidose, avait appuyé le texte. La mucoviscidose fait partie des maladies congénitales qui pourraient bénéficier du clonage thérapeutique, une procédure facilitée par l'utilisation d'embryons hybrides. L'Eglise catholique et des députés de l'opposition conservatrice dénonçait ce qu'un dignitaire religieux a qualifié d'expériences à la "Frankenstein". Les députés ne sont pas tenus par la discipline de leur parti sur ce genre de sujets sensibles et plusieurs ministres catholiques ont voté contre la mesure.
Mais le chef de file des conservateurs, David Cameron, a apporté son soutien à la création d'embryons hybrides, entraînant ainsi l'approbation sans difficulté de la nouvelle législation. L'Autorité britannique pour la fertilité humaine et l'embryologie (HFEA) avait déjà accordé en septembre 2007 son feu vert "de principe" aux embryons hybrides et a déjà octroyé des licences de recherche, mais seulement au cas par cas. Les députés doivent encore se prononcer jusqu'à mardi sur d'autres parties du texte sur la "Fécondation humaine et l'embryologie", qui a déjà été approuvé par les Lords (chambre haute).
Le projet de loi prévoit ainsi la possibilité de recourir à des "bébés donneurs" pour tenter de sauver la vie d'un frère ou d'une soeur atteint d'une maladie génétique. Cette mesure, qui fera l'objet d'un vote dans la nuit de lundi à mardi, devrait facilement être approuvée. Deux autres sujets, qui seront débattus mardi, suscitent en revanche une plus vive opposition. Il s'agit de l'autorisation qui pourrait être faite aux couples de lesbiennes d'effectuer une fécondation in vitro, et du raccourcissement du délai légal de l'avortement. (afp)