Deux astronautes de la navette américaine Atlantis ont joué les chirurgiens de l'espace dimanche et réussi à réparer un des outils de pointe du télescope Hubble, lors de la quatrième et avant-dernière sortie orbitale de la mission.
Mike Massimino et Michael Good, tous deux âgés de 46 ans, ont entamé la sortie spatiale à 13H45 GMT et leur journée de travail a duré un peu plus de huit heures, a indiqué la Nasa. En apesanteur à quelque 600 km de la Terre, ils ont réparé le spectrographe imageur du télescope (Space Telescope Imaging Spectrograph, STIS), un des outils d'observation de Hubble, au cours d'une opération considérée par la Nasa comme la plus délicate de la mission actuelle.
Chirurgie du cerveau
Il s'agit d'une intervention comparable à de "la chirurgie du cerveau" avait indiqué la Nasa, les astronautes devant notamment ôter 111 vis de petite taille pour accéder aux circuits à réparer. Le STIS a été installé en 1997, mais il était inactif depuis 2004, en raison d'une coupure d'électricité.
Cet appareil ultra perfectionné étudie la lumière des astres pour déterminer leur température, leur vitesse, et même leur composition chimique.
Les deux hommes ont également réussi à installer un panneau de protection thermique. Au total, cinq sorties orbitales quotidiennes ont été programmées au cours de cette mission. La dernière aura lieu lundi.
Un grand pas pour Hubble
"A ce stade, nous avons une très bonne impression", quant à l'avancée des opérations visant à moderniser le télescope, s'est réjoui le chef du programme Hubble de la Nasa, Preston Burch. "Hubble a atteint un nouveau niveau en terme de capacités. Nous avons fait un grand pas pour le remettre sur pied", a-t-il assuré.
Après 19 ans de carrière pendant lesquels il a transmis plus de 750.000 images spectaculaires des confins du cosmos et des millions de données, le télescope montrait de sérieux signes de fatigue.
Les sorties orbitales ont permis jusqu'à présent de boucler les travaux prioritaires.
Cosmic Origins Spectrograph
Samedi, les astronautes ont installé avec succès un nouvel appareil: le "Cosmic Origins Spectrograph" (COS), conçu pour étudier la structure de l'univers et comprendre comment les galaxies se sont formées. Ils ont également réparé partiellement la principale caméra du télescope, dite ACS (advanced camera for survey).
Ce dispositif, installé en 2002 lors de la dernière mission d'entretien de la navette spatiale américaine, avait connu plusieurs avaries au cours des dernières années, compromettant grandement ses capacités d'observation.
Quatre autres interventions majeures ont été réalisées jeudi et vendredi: les installations de nouvelles batteries, d'une caméra à champ large et d'un nouvel ordinateur, et le remplacement des gyroscopes, des pièces clefs pour assurer la stabilité de Hubble pendant les prises de vue.
Cinq ans de plus
Les responsables de la mission d'Atlantis, qui doit durer 11 jours, espèrent que toutes ces attentions prolongeront de cinq ans l'existence de Hubble jusqu'à l'arrivée de son successeur, le télescope James Webb.
Lancée lundi, la navette Atlantis s'était arrimée mercredi à Hubble, fruit d'une collaboration entre la Nasa et l'Agence spatiale européenne (ESA) et qui a bouleversé l'astronomie mondiale.
En raison des risques élevés que présente cette mission, une navette de secours, Endeavour, a été exceptionnellement placée sur un pas de tir du Centre Kennedy, prête à être lancée en urgence avec un équipage de quatre astronautes pour une mission de sauvetage. (belga/cb)


