Les participants au Forum Clinton sur les grands défis mondiaux, dont l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ont souligné jeudi à New York la nécessité d'un accord mondial et contraignant sur le climat qui intègre les Etats-Unis, la Chine et l'Inde. Le Forum, créé par l'ancien président américain Bill Clinton, tient sa troisième session annuelle dans un hôtel de Manhattan au moment où se déroule l'Assemblée générale des Nations unies, précédée lundi par un sommet inédit à l'ONU sur le climat. Le réchauffement de la planète est sur toutes les lèvres: à Washington, une conférence ministérielle de deux jours s'est ouverte jeudi sur le même sujet, et la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a tenu à souligner que les Etats-Unis prenaient "très au sérieux le changement climatique".
La nécessité pour les Etats-Unis d'abandonner leur voracité énergétique et d'entrer résolument dans la lutte a été soulignée par tous les participants au Forum, de Bill Clinton au Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, en passant par l'ancienne chef du gouvernement norvégien Gro Harlem Brundtland ou M. Blair. Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a assuré que le président George W. Bush prenait "très au sérieux" la question, contrairement à une opinion répandue qu'il a qualifiée de "mythe". Il a également assuré qu'à Washington, ce souci était largement partagé, "tant dans le camp républicain que chez les démocrates".
"L'important est de mettre au point un cadre mondial qui inclue les Etats-Unis, mais aussi la Chine et l'Inde, autrement cela ne servira à rien", a estimé Tony Blair. "Il faut que ce soit un cadre qui crée des obligations, mais qui encourage l'initiative privée", a-t-il ajouté. Gro Harlem Brundtland a présenté la Norvège comme un pionnier, qui a le premier "fixé à l'industrie pétrolière norvégienne des taxes sur le CO2" (dioxyde de carbone). "En Norvège, les émissions de gaz s'élèvent à un tiers de la moyenne mondiale", a-t-elle assuré. Le Premier ministre éthiopien a longuement plaidé pour le continent africain, "qui n'a contribué en rien au réchauffement climatique, parce que l'Afrique a échoué dans son développement, et qui aujourd'hui est le plus dramatiquement touché par ces changements", notamment à cause de l'avancée des déserts.
"Le réchauffement de la planète pourrait être, après le colonialisme, le nouveau grand choc (...) qui pourrait pousser nos économies fragiles dans le précipice", a-t-il dit. "Notre agriculture nous permet de produire des carburants biologiques, notamment à partir de canne à sucre, mais il faut que les voitures que vous produisez soient adaptables, il faut que l'industrie automobile des pays industrialisés investisse dans les nouveaux standards" de l'énergie propre, a conclu le responsable éthiopien.


