La Corée du Sud a connu vendredi sa pire marée noire après une collision entre un pétrolier et une barge en mer Jaune, au large de la côte ouest du pays, selon les autorités qui redoutent un désastre écologique. "C'est la pire marée noire de l'histoire du pays. Nous redoutons une catastrophe écologique", a déclaré un responsable du ministère des Affaires maritimes et de la Pêche, Kim Jong-Sik.
Environ 10.500 tonnes de pétrole brut sur les 15.000 tonnes que transportait le Hebei Spirit, un pétrolier battant pavillon hongkongais, se sont déjà déversées dans la mer. "Nous avons mis en place", sur une longueur de huit kilomètres, "des bouées pour empêcher que le pétrole ne se répande sur les zones côtières", a ajouté M. Kim.
Pompage d'urgence
Une cellule de crise a été mise sur pied par les autorités et 28 navires au total cherchent actuellement à pomper ou à disperser à l'aide de produits chimiques la couche de pétrole qui s'étend sur cinq kilomètres, menaçant les fermes aquacoles de la région. Cependant, les opérations de pompage sont ralenties par le mauvais temps et par le risque d'explosion du pétrolier qui a fait naufrage. Seule bonne nouvelle pour l'instant, le pétrole, qui s'écoulait jusqu'alors de trois endroits à bâbord, ne fuit plus du tanker.
L'accident s'est produit en mer Jaune au moment où le Hebei Spirit faisait route vers le port de Daesan pour décharger sa cargaison. Le pétrolier était ancré au large de Mallipo (environ 90 kilomètres au sud-ouest de Séoul) lorsqu'il a été percuté par la barge de 11.800 tonnes. La barge, qui transportait une grue, était alors remorquée par un navire.
Vents violents
"Les premiers éléments de notre enquête ont fait apparaître que des cordes trop lâches attachées au remorqueur pourraient être à l'origine de l'accident", a révélé M. Kim. Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, le cordage qui reliait les deux bâtiments s'est rompu en raison des vents violents et de la forte houle. "Si nous ne parvenons pas à contenir la nappe nous craignons que cela n'occasionne de graves dégâts sur les côtes", a mis en garde M. Kim.
"La zone a une importance écologique, des oiseaux migrateurs s'y rassemblant en hiver", a souligné Bok Jin-Ho, de la Fédération coréenne pour l'Environnement. "Si le pétrole atteint la côte, où se répartissent de nombreux parcs à huîtres et fermes algales (spécialisées dans la culture d'algues), il y causera d'énormes dommages à long terme", a-t-il souligné. Le précédent accident de ce type en Corée du Sud remonte à 1995, quand un pétrolier avait heurté un rocher, provoquant le déversement de 5.000 tonnes d'hydrocarbures dans la mer. Les dégâts avaient été évalués à quelque 48 millions de dollars, soit plus de 32 millions d'euros.


