Le ministre de l'Environnement Benoît Lutgen signale jeudi, dans un communiqué qu'en raison des dépassements importants constatés en matière de concentration de particules fines dans l'air dans la région de Charleroi, il a envoyé sur place des équipes de la division de la police de l'Environnement (DPE), de l'Unité de répression des pollutions (URP) et de l'Institut scientifique de service public (ISSeP). Ces différents services sont chargés de faire le point sur l'évolution des concentrations de particules fines.
Par ailleurs, indique encore Benoît Lutgen, la DPE s'est rendue dans les entreprises pour les inviter à réduire leurs activités provoquant des émissions atmosphériques. Il a également demandé à l'ISSeP de procéder à des contrôles complémentaires sur la zone. Enfin, le Ministre wallon de l'Environnement a averti ses collègues ministres de la Santé de la Région wallonne et de la Communauté française pour qu'ils prennent également des dispositions en matière de santé publique.
De son côté, la locale Ecolo de Charleroi se dit "particulièrement inquiète de la faiblesse de la réaction de la ville de Charleroi face à l'actuelle pollution de l'air, beaucoup plus intense qu'ailleurs". "Si des mesures ponctuelles sont annoncées vis-à-vis des entreprises, il est tout aussi indispensable de prendre des mesures ponctuelles plus fortes en matière de mobilité et de chauffage", selon Ecolo, qui insiste sur le niveau particulièrement élevé de particules fines observé à la station de Charleroi ville située dans l'actuelle caserne de police.
Ainsi, dit Ecolo, le 19 décembre, on y a enregistré une moyenne de 167 µg/m3 soit le troisième plus mauvais niveau en Belgique, (à comparer avec la moyenne wallonne de 110µg/m3 et la moyenne flamande de 87 µg/m3 où la vitesse est limitée à 90 Km /h) et avec un maximum de 240 µg/m3, ce qui est particulièrement élevé. Ecolo indique encore que ce jeudi à dix heures, la concentration observée atteint les 215 µg/m3, contre 140µg/m3 la veille à la même heure.
La locale Ecolo rappelle sa proposition de mettre en place un plan de déplacement du personnel communal pour inciter les travailleurs de la ville à faire du covoiturage ou prendre les transports en commun pendant ces périodes exceptionnelles. Une action spécifique vis-à-vis des écoles devrait aussi être menée en collaboration avec les TEC notamment pour également inciter au covoiturage, estime Ecolo, pour qui il est indispensable de réduire le trafic automobile qui traverse la ville, tant par le développement des transports en commun (tram mais aussi bus) que par l'abandon des grands projets autoroutiers.
Enfin, conclut Ecolo, il est indispensable que la ville participe activement à un plan ambitieux de réduction de la consommation d'énergie dans les habitations et les bâtiments publics afin de réduire à terme cette source d'émissions de particules fines.
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