Trois femmes enceintes sur cent sont victimes de violences
Au cours de leur grossesse, 3 pc des femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles, selon une enquête menée par la section Obstétrique et Maladies féminines de l'Université de Gand auprès de 537 femmes enceintes dans cinq grands hôpitaux en Flandre orientale.
Les résultats de l'enquête ont été présentés mercredi à Louvain. Au même moment, une campagne contre la violence au cours de la grossesse a été lancée par l'asbl Zijn, un mouvement flamand contre la violence. 27,6% des femmes interrogées dans le cadre de l'enquête déclarent avoir déjà été victimes de violences au cours de leur vie. Pour 3,9% des femmes, ce fut le cas dans l'année précédent leur grossesse. Dans 53,8% des cas, les violences se sont prolongées durant la grossesse. Pour d'autres femmes, la violence ne s'est manifestée qu'au cours de leur grossesse. "En raison du stress qu'elle amène, la grossesse peut être un facteur déclenchant la violence", explique An-Sofie Van Parys, chercheuse à l'UGent.
Dans les études internationales, le pourcentage des femmes enceintes violentées se situe dans une fourchette de 2 à 8%. La mère et le foetus sont particulièrement sensibles durant la grossesse. L'enquête démontre que la violence au cours de la grossesse accroît le risque de naissance prématurée, de troubles du développement du nouveau-né ou encore de poids faible à la naissance. La violence augmente par ailleurs les possibilités que la femme fume, boive de l'alcool, consomme de la drogue, tombe en dépression ou souffre d'affections psychiatriques. Les risques de décès maternel deviennent également plus importants.
Au travers de la campagne "Violence au cours de la grossesse. Vous n'êtes pas seule", l'asbl Zijn espère sensibiliser les couples en attente d'un enfant aux problèmes de la violence. La campagne vise également à rendre les sages-femmes, les gynécologues, les docteurs et tout autre personnel médical plus attentifs aux violences. En effet, les gynécologues sous-estimeraient le problème, selon An-Sofie Van Parys. Ainsi, selon une enquête, le personnel soignant estime les cas de violence au cours de la grossesse très rare, alors qu'ils reçoivent, en moyenne, une fois par mois une patiente victime de ces violences. (belga)