"Alimenter une personne dans état végétatif est obligatoire"

Le Vatican a réaffirmé vendredi que l'alimentation des patients dans un "état végétatif" était "obligatoire", à propos du cas de Terri Schiavo, une Américaine dans le coma pendant 15 ans et décédée en 2005 après que son alimentation eut été interrompue.

"L'administration de nourriture et d'eau, même par des voies artificielles, est en règle générale un moyen ordinaire et proportionné au maintien de la vie", écrit la Congrégation pour la Doctrine de la foi. "Elle est donc obligatoire dans la mesure et jusqu'au moment où elle montre qu'elle atteint sa finalité propre, qui consiste à hydrater et nourrir le patient", ajoute la Congrégation.

Position officielle
Terri Schiavo, une Américaine dans le coma depuis 15 ans, est morte en mars 2005, deux semaines après avoir été privée d'alimentation artificielle à la demande de son mari, une requête acceptée par la justice américaine. A la suite de cette affaire, la Conférence épiscopale américaine avait demandé en juillet 2005 au Vatican la position officielle de l'Eglise catholique sur l'alimentation des personnes dans un état végétatif permanent.

"Peut-on interrompre la nourriture et l'hydratation par voies artificielles à un patient en 'état végétatif permanent' lorsque des médecins compétents jugent avec la certitude morale que le patient ne reprendra jamais conscience?", demandaient les évêques américains. Réponse du Vatican: "non". "Un patient en 'état végétatif permanent' est une personne avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l'administration d'eau et de nourriture, même par voies artificielles", précise la Congrégation.

Causes de la mort
Dans un "commentaire" à ces réponses, la Congrégation rappelle que "les patients en 'état végétatif' respirent spontanément et digèrent naturellement les aliments". "Si on ne leur administre pas artificiellement de nourriture ni des liquides, ils meurent; la cause de leur mort n'est pas une maladie (...) mais uniquement le fait de l'inanition et de la déshydratation", souligne le Vatican.

La Congrégation évoque des "cas exceptionnels" comme des "régions très isolées et extrêmement pauvres" où l'alimentation artificielle est impossible ou "des complications lorsque le patient ne réussit pas à assimiler la nourriture et la boisson", rendant ces derniers "totalement inutiles". "Ces cas exceptionnels n'enlèvent cependant rien au critère général selon lequel l'administration d'eau et de nourriture (...) représente toujours un moyen naturel de conservation de la vie", conclut le Vatican.
14/09/07 13h43
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