Les téléphones portables mobilisés pour lutter contre le sida en Afrique
Les téléphones portables pourraient être l'arme ultime pour combattre le sida sur un continent souffrant de centres de soins mal équipés et d'infrastructures souvent délabrées, estime le directeur exécutif de l'Onusida, Michel Sidibé.
67% des personnes infectées par le virus en Afrique sub-saharienneMalgré la quantité de moyens qui y ont été déversés au fil des ans, l'Afrique sub-saharienne, demeure la zone la plus touchée par la maladie, avec 67% des personnes infectées par le virus dans le monde, indique-t-il dans une interview à l'AFP lors d'un récent déplacement au Nigeria.
M. Sidibé, un Malien, est directeur du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) à Genève depuis décembre 2008. "Vous pouvez évoquer différentes politiques, construire des locaux, mais vous ne pouvez lutter contre cette pandémie avec les seules approches habituelles", relève M. Sidibé.
"Vous devez d'abord envisager une démarche locale, qui s'appuie sur des outils non conventionnels", explique-t-il. Avec une formation appropriée et outillée de téléphones portables, les villageois ou les communautés de quartiers pourraient devenir des acteurs du système de santé.
"Envisager une démarche locale""Je ne pense pas que tous nos pays d'Afrique auront la possibilité d'attendre d'avoir assez de professionnels, de toutes façons, il n'y en aura pas assez (...) mais il est temps de renforcer notre capacité à utiliser la technologie moderne différemment", estime Michel Sidibé.
Michel Sidibé note que l'Afrique, un continent où le nombre de téléphones portables est l'un des plus élevé au monde, pourrait tirer partie des nouvelles technologies numériques pour être plus en contact avec les gens en matière de santé. (belga/th)