Les victimes de l'amiante réclament la fin de "l'impunité"
Venus d'Europe, d'Asie, d'Amérique latine, des représentants des victimes de l'amiante se sont rassemblés à Turin (nord) pour réclamer la fin de l'"impunité" et l'interdiction mondiale de la "fibre tueuse", en pleine expansion dans les pays en développement.
Cette rencontre, organisée lundi et mardi par l'association internationale Ban Asbestos (Interdire l'amiante), vise à "marquer notre détermination pour que soit brisée l'impunité des responsables de la catastrophe mondiale de l'amiante", souligne Annie Thébaud-Mony, porte-parole de Ban Asbestos France.
Ces quelques dizaines de représentants des victimes ont choisi de se réunir à Turin car cette ville est devenue un symbole de leur combat: depuis décembre s'y tient le plus grand procès jamais organisé sur le drame de l'amiante et le premier au pénal, avec environ 6.000 parties civiles.
Stephan Schmidheiny, l'ex-propriétaire du groupe suisse Eternit qui a été un important actionnaire de la société italienne Eternit, et le Belge Jean-Louis Marie Ghislain de Cartier de Marchienne, qui a été actionnaire minoritaire et administrateur de cette société, sont accusés d'être responsables de la mort de plus de 2.000 Italiens.
"Les familles sont patientes", observe Eric Jonckheere, co-président de l'association belge des victimes de l'amiante (Abeva) qui "ne cherche pas la vengeance mais que justice soit faite" alors que son père, ingénieur chez Eternit, sa mère et deux de ses frères sont décédés. (belga)