Trente-deux mesures pour lutter contre le cancer

La ministre fédérale de la Santé, Laurette Onkelinx, a présenté lundi le Plan national cancer. Il contient 32 mesures élaborées à la suite de tables rondes et de rencontres sur le terrain et repose sur trois axes: prévention et dépistage, soins et traitements, et soutien à la recherche.
"Que nous le voulions ou non, les chiffres sont là pour le rappeler, la question du cancer se pose en Belgique, comme ailleurs", a souligné la ministre. La Belgique est loin de faire partie des mauvais élèves de la classe dans la lutte contre le cancer mais, aux yeux de Mme Onkelinx, il faut faire plus et mettre au point une stratégie qui fédère les niveaux de pouvoir concernés ainsi que les acteurs directs de cette lutte. Le Plan s'inscrit dans cette optique, préconisée d'ailleurs par l'Organisation Mondiale de la Santé et l'Union européenne.
Parmi les mesures, figure l'introduction d'un nouvel acte de nomenclature à l'Inami qui permettra de réaliser des consultations de prévention et de dépistage par les médecins généralistes. Ces "check-up" seront gratuits pour tous à partir de 25 ans et une fois tous les trois ans. Un accent particulier est mis sur le tabac, responsable selon des experts de 25 à 30 % de tous les cancers. Un remboursement forfaitaire de 30 euros interviendra pour la première consultation d'aide au sevrage, suivi d'un remboursement de 20 euros avec un maximum de 8 consultations. Ce montant sera porté à 30 euros pour les femmes enceintes.
La tranche d'âge pour laquelle le vaccin contre le papillomavirus, cause importante du cancer du col de l'utérus, est remboursé sera élargie afin d'y inclure les filles de 12 à 18 ans. Un accord de principe est également intervenu avec les Communautés sur un programme systématique de dépistage de ce cancer pour les femmes de 25 à 64 ans, avec un frottis tous les trois ans. Certains médicaments particulièrement demandés par les patients et les médecins seront remboursés dans certaines indications, comme l'Avastin, le Rituximab ou le Busulfan IV. Une procédure d'annonce du diagnostic sera mise au point pour faire en sorte que ce moment particulièrement difficile soit vécu le mieux possible et constitue le début de la prise en charge du patient.
L'approche transdisciplinaire des soins oncologiques sera renforcée, les hôpitaux recevront un financement pour un "data manager", le titre d'infirmier en oncologie sera reconnu, un effort sera fourni en oncologie pédiatrique, etc. En matière de recherche, les efforts se concentreront sur l'approche translationnelle. Un appel à projets va être lancé, doté de 15 millions d'euros, de même qu'une étude interuniversitaire sur la construction d'un centre d'hadronthérapie en Belgique.
D'autres mesures vont encore voir le jour. Elles dépendront d'une concertation avec les Communautés et au sein du gouvernement fédéral. Mme Onkelinx envisage notamment d'allonger la durée actuelle du congé des parents pour assistance médicale de leur enfant et de faciliter la procédure de déductibilité fiscale des dons. La ministre a présenté son plan à l'issue d'un colloque au cours duquel le Registre belge du cancer a dévoilé ses chiffres sur l'incidence du cancer en 2004. On a enregistré cette année-là 57.500 nouveaux cas et une moyenne, pour les hommes, de 500 cas pour 100.000 habitants et, pour les femmes, de 350 cas pour 100.000 habitants.
Chez les hommes, les cancers les plus fréquents sont ceux de la prostate (29,8 %), du poumon (17 %) et colorectal (12,6 %). Chez les femmes, il s'agit d'abord du cancer du sein (35,3 %), colorectal (11 %) et du poumon (6 %). Ce dernier est en augmentation au sein de la population féminine. Il s'agit là sans doute d'une conséquence de l'évolution des moeurs quand, il y a 30 ou 40 ans, il n'était plus inconvenant pour une femme de fumer.