Projet-pilote pour toxicomanes délinquants étendu à toute la Belgique
Le projet-pilote "Proefzorg", qui permet d'orienter les toxicomanes auteurs de délits mineurs vers un service d'aide plutôt que de les poursuivre en correctionnelle, sera étendu à tous les arrondissements judiciaires de Belgique d'ici à quelques années, a déclaré jeudi le ministre de la Justice, Jo Vandeurzen (CD&V), à l'occasion de l'évaluation de ce projet lancé le 1er août 2005 à Gand.
Les conditions, notamment budgétaires, pour la mise en oeuvre de projets similaires dans les autres arrondissements judiciaires sont actuellement à l'étude, a précisé M. Vandeurzen. "'Proefzorg' est une approche qui mérite d'être généralisée à l'ensemble du pays", a-t-il estimé. "Mais le modèle devra être adapté aux circonstances et besoins régionaux. Les centres-villes seront prioritaires dans cette lente expansion du projet au reste du pays", a-t-il ajouté.
Actuellement, 88% des toxicomanes concernés optent pour une aide à Gand, ce qui constitue un taux "très élevé", selon M. Vandeurzen.
Par ailleurs, le ministre de la Justice a signé jeudi le protocole de collaboration en vue de la mise sur pied d'un projet-pilote qui réunira, au sein du tribunal correctionnel de Gand, juges, magistrats du parquet, membres du barreau, services d'aide et Maison de justice, afin de rediriger les prévenus toxicomanes vers une aide appropriée.
Dans le cadre de ce projet, qui s'étendra sur une période de deux ans, le juge du tribunal correctionnel donnera au prévenu l'occasion de suivre un traitement avant de prononcer une condamnation à son encontre. Une personne de liaison du service d'aide sera présente à chaque audience. Le prévenu sera étroitement suivi durant une période de six à dix mois, au terme de laquelle la peine et les conditions qui y sont éventuellement assorties seront adaptées au cas précis.
Le projet s'inspire des "drug treatement courts" qui existent déjà aux Etats-Unis et au Canada. (belga/7sur7)