Une piste pour traiter la dépendance à l'ecstasy

La découverte du rôle-clé d'une molécule responsable des effets psychostimulants de l'ecstasy par des chercheurs français pourrait déboucher sur un traitement de la dépendance à cette drogue, selon une étude qui vient de paraître dans une revue spécialisée américaine,
The Journal of Neuroscience.
L'ecstasy induit un effet euphorisant souvent suivi par une mini-dépression quelques jours après la prise. Une molécule -un récepteur cérébral dénommé '5-HT2B"- joue un rôle-clé sur les effets comportementaux induits par cette drogue. Une équipe de chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche (Inserm) conduite par Luc Maroteaux a mis en évidence que le blocage, par une substance médicamenteuse ou une modification génétique, des récepteurs de type 5-HT2B, élimine totalement, chez les souris, les effets comportementaux (hyperactivité motrice, plaisir et dépendance...) induits par l'ecstasy.
Chez les souris, dépourvues de ces récepteurs "5-HT2B", la libération de substances (sérotonine et dopamine) induite par l'ecstasy est complètement abolie dans le cerveau, d'où cette absence d'effet de la drogue. Il n'existe pas actuellement de traitement pharmacologique des symptômes associés à la consommation d'ecstasy. Mais, pour Luc Maroteaux "il semble que des substances capables de bloquer des récepteurs 5-HT2B pourraient servir de traitement des effets immédiats et à long terme" de l'ecstasy.
Le MDMA (le "3,4-methylenedioxymethamphétamine") est la substance active de l'ecstasy, un dérivé des amphétamines. La consommation de ce psychostimulant modifie l'activité cérébrale. Il favorise les contacts sociaux, la communication et génère une sensation de bien-être et d'euphorie. Mais ces effets qui facilitent les contacts immédiats sont rapidement contrecarrés par l'apparition de phénomènes d'accoutumance et de dépendance. A forte dose, des effets hallucinogènes peuvent survenir et certains travaux scientifiques suggèrent également qu'une consommation régulière de MDMA peut entraîner des maladies dégénératives (troubles de la mémorisation à long terme) ou des dépressions. (belga)