Le combat d'Amelie pour pouvoir mourir
Une nonagénaire, Amelie Van Esbeen, habitant à Merksem, a entamé une grève de la faim. Elle réclame le droit de mourir parce qu'elle estime que sa vie est devenue insupportable à cause d'une série de maladies de vieillesse. Elle n'entrerait cependant pas en ligne de compte pour l'euthanasie si on suit la loi à la lettre. Elle ne répond pas aux critères légaux: elle n'est pas atteinte d'une "affection incurable grave" et ses souffrances ne sont pas "constances, insupportables et inapaisables".
Le sénateur Open Vld Patrik Vankrunkelsven est d'avis que l'euthanasie est déjà possible pour les personnes qui endurent des souffrances insupportables à la suite de maladies de vieillesse. Selon le sénateur libéral, la loi sur l'euthanasie ne doit donc pas être adaptée. Pour les chrétiens-démocrates flamands, par contre, il ne faut pas encourager les personnes fatiguées de vivre à accomplir un
suicide accompagné.
Wim Distelmans, le président de la commission Euthanasie, trouve que la loi sur l'euthanasie devrait être élargie pour certaines personnes âgées. Le sénateur Open Vld Patrik Vankrunkelsven estime que ce n'est pas nécessaire. Selon lui, la loi actuelle autorise l'euthanasie dans le cas d'une combinaison de maladies de vieillesse qui provoque l'épuisement et des souffrances insupportables.
Pour les chrétiens-démocrates flamands, par contre, l'exemple de cette femme de 93 ans montre que la loi actuelle "présente de nombreuses lacunes". Pour Wouter Beke, sénateur CD&V, l'euthanasie devrait être limitée à des situations sans issues. "La question de savoir si nous, en tant que législateur, devons soutenir une personne fatiguée de vivre en lui permettant d'accomplir un suicide médicalement assisté est d'un autre ordre. Cela n'a rien à voir avec l'euthanasie", conclut-il.