Des mouches pour aider à guérir une maladie neurologique

Des chercheurs de l'Institut Flamand de Biotechnologie (Vlaams Instituut voor Biotechnologie - VIB) sont parvenus pour la première fois à reproduire dans des drosophiles (appelées communément "mouche du vinaigre") des variantes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT), indique un communiqué de l'Institut.

La recherche a montré que ces mouches développent des symptômes de cette affection neurologique ce qui constitue, selon les chercheurs, une étape cruciale dans le développement d'un remède à la maladie.

La CMT est liée à l'atteinte des nerfs périphériques, reliant la moelle épinière aux muscles, ce qui perturbe la conduction de l'influx nerveux. Elle entraîne notamment des troubles de la marche. "En modifiant un gène chez la drosophile, nous sommes parvenus à créer un modèle animal de cette maladie neurologique héréditaire", explique Albena Jordanova, chercheuse à l'Université d'Anvers, qui a dirigé l'étude. "Maintenant, nous pouvons commencer à étudier ses mécanismes sous-jacents".

Altérations du gène

Dans une étude précédente menée en Belgique, en Bulgarie et aux Etats-Unis auprès de patients atteints de CMT, Albena Jordanova et son collègue Vincent Timmerman avaient découvert trois altérations spécifiques du gène YARS.

Ce gène intervient dans l'élaboration de l'un des enzymes les plus vieux de l'histoire du vivant (tyrosyl-tRNA), indispensable dans l'élaboration des protéines. Jusque là, personne n'avait fait le lien entre ce gène et certaines variantes de CMT.

Symptômes
Les chercheurs du VIB sont parvenus à introduire quatre variantes du gène YARS chez les drosophiles. Lorsque le gène n'est pas manipulé, on ne note aucune différence entre les mouches mais celles qui ont reçu un gène altéré ont développé des symptômes remarquablement proches de ceux de la CMT, comme une diminution de la capacité de mouvement, ainsi qu'une diminution du fonctionnement des cellules nerveuses.

Reste maintenant aux chercheurs à étudier la cause de ces changements et les moyens d'y remédier. Les patients qui se posent des questions sur ces recherches peuvent le faire par courriel à l'adresse suivante: patienteninfo@vib.be (belga)
01/07/09 16h35
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