Alors que l'Union Belge de football vient de lancer sa grande campagne de communication à l'égard du grand public ("We believe"), il semble bien qu'au sein même de la Fédération la communication connaisse quelques ratés et ce à quelques jours à peine du début de la campagne qualificative du Mondial 2010.
Amateurisme
Mardi matin, dans la presse, le directeur général de la fédération Jean-Marie Philips critiquait vertement le travail de la commission technique dans le dossier Mémé Tchité après avoir reçu lundi un fax de la fédération rwandaise de football prétendant que le joueur de Santander était, par décision de la FIFA prise en 2004, membre de l'association rwandaise et donc non éligible comme Diable Rouge.
Michel Sablon, directeur technique de la Fédération, a réagi tout aussi catégoriquement, mardi à l'issue de l'entraînement des Diables Rouges à Tubize.
"Je ne peux pas accepter que le directeur général (Jean-Marie Philips, ndlr) critique un de ses collaborateurs dans la presse. Cela ne va pas en rester là et nous allons régler la question en interne comme il convient."
"Il a refusé sa sélection"
Michel Sablon a ensuite rappelé la genèse de l'affaire. "Quand Mémé Tchité est devenu officiellement belge, c'est à dire quand il a obtenu sa carte d'identité belge, lundi dernier (25 août), nous avons eu une réunion au plus haut niveau de la fédération, avec le président fédéral, mais sans Jean-Marie Philips en déplacement. Il y a été décidé, après consultation de nos juristes, de prendre contact avec les trois fédérations susceptibles de revendiquer l'appartenance de Tchité, puisqu'il possédait trois passeports, et désormais quatre. Ceci afin de ne prendre aucun risque. Nous avons donc contacté nos homologues de la République démocratique du Congo, du Burundi et du Rwanda. D'habitude pour les questions de joueurs, les fédérations répondent dans les deux jours. Dans ce cas, le Rwanda n'a répondu que hier (lundi). Ils nous ont dit qu'un jugement pris par un juge unique de la FIFA avait tranché en 2004 (le 10 août, ndlr) en faveur du Rwanda."
Avant de poursuivre: "Nous ignorons dans quel cadre il a dû prendre sa décision, sans doute dans un conflit entre les trois fédérations africaines qui pouvaient revendiquer Tchité. Mais la Fédération rwandaise ne nous a pas transmis copie de ce document. Nous avons donc contacté ce matin (mardi) la FIFA pour lui demander si Tchité était éligible comme Belge ou non. A notre connaissance, il n'a jamais joué en équipe nationale d'aucun de ces trois pays. Il a bien été convoqué par le Rwanda mais a refusé sa sélection. Il est donc, de notre point de vue, sélectionnable avec les Diables Rouges. Mais nous attendons la décision officielle de la FIFA cette après-midi".
Dirar en attente
Jean-Marie Philips a qualifié d'amateurisme la manière de faire de la commission technique de sélectionner deux joueurs qui ne sont pas certains de pouvoir jouer. Outre Tchité, le néo-Brugeois d'origine marocaine Nabil Dirar est lui aussi en attente d'une décision de la FIFA, attendue elle le 12 septembre.
"Nous ne pouvions quand même pas questionner les fédérations congolaise, burundaise ou rwandaise avant d'avoir la certitude que Mémé Tchité soit belge", a ajouté Michel Sablon. "N'oubliez pas que c'est une décision personnelle qu'il a prise. Nous n'avons pas été impliqués dans sa demande de naturalisation. Dès que nous avons été certains de sa naturalisation, nous avons agi."
Problèmes internes
Comme si le cas Tchité ne suffisait pas, la question de l'entraînement programmé jeudi à l'académie Robert Louis-Dreyfus, le centre d'entraînement du Standard, a confirmé les problèmes internes à la Fédération. Jean-Marie Philips a prétendu auprès des médias que c'est René Vandereycken qui a refusé de s'y entraîner.
Ce dernier a réaffirmé mardi ses propos de la veille à savoir qu'un accord verbal avait été conclu pour venir s'entraîner et qu'il n'était pas question que le logement soit inclu dans l'accord puisque le logement des Diables était prévu à Chaudfontaine.
"We believe" (On y croit), proclame l'Union belge. Reste à savoir qui croire. (belga)


