Je suis fier d'être à Anderlecht et je m'y sens bien. Mais il m'est, aujourd'hui, impossible de garantir à 100% que je resterai au parc Astrid la saison prochaine. La Ligue des champions sera une donnée importante dans ma décisionJonathan Legear
Vandereycken ne m'a pas appelé une seule fois en 3 ans. Pourquoi le ferait-il maintenant? Je me suis fait une raison sur l'équipe nationaleJonathan Legear
Ma concentration avant un match ne commence qu'à une demi-heure du coup d'envoi. Avant, je suis cool, souriantJonathan Legear
Les moqueries? Tout ce qui peut être rapporté dans la presse ne me touche pas. J'en rigole même à la longue. Et puis, cela m'a permis d'être plus fortJonathan Legear
Je travaillais bien à l'école mais j'étais un enfant turbulent. A 10 ans, je savais déjà que je voulais devenir un joueur proJonathan Legear
Jonathan Legear ne laisse personne indifférent. Personnage incontournable de notre championnat, le Liégeois d'origine (à 21 ans seulement) est l'un des joueurs les plus prometteurs de sa génération. Des Diables, à Anderlecht, en passant par son enfance ou les moqueries dont il est souvent victime, l'ailier de poche du parc Astrid balaye toutes les sujets. Avec aisance, sans détour et franchise. Rencontre.
Votre nom est cité avec insistance au PSG. Seriez-vous tenté par une expérience en Ligue 1? (Alexis Pereira)
Je reste ouvert à toutes propositions, bien que le football français n'est pas celui qui me conviendrait le mieux. Disons plutôt que je rêve de l'Allemagne ou de l'Angleterre. Maintenant, le PSG est un club très intéressant et comme je l'ai déjà dit, je ne ferme aucune porte.
Pourriez-vous garantir, aujourd'hui, que vous serez toujours au Sporting d'Anderlecht la saison prochaine? (Mathieu Vanden Abeele)
Il m'est impossible de répondre à cette question. Je suis bien placé pour en parler. Il y a quelques mois, on parlait de moi dans d'autres clubs européens. Je suis toujours Anderlechtois et je suis fier de l'être. C'est un club qui me plaît beaucoup. Je ne suis vraiment pas à plaindre. Malgré ma jeune carrière, j'ai déjà eu la chance de côtoyer dans les deux plus grands clubs de Belgique. Une donnée importante jouera en tout cas dans mon choix: la Ligue des champions.
Vous avez été très clair avec les Diables. Pensez-vous que René Vandereycken regrette après avoir vu votre prestation contre le Standard? (Luc Asso)
Je n'en sais rien mais s'il ne m'a pas appelé une seule fois depuis qu'il est sélectionneur, je ne vois pas pourquoi il le ferait maintenant. J'ai déjà mieux joué dans le passé. Je me suis fait une raison: il ne compte pas sur moi, point final! Je dois attendre le nom du prochain sélectionneur pour espérer porter le maillot de l'équipe nationale. C'est quasiment devenu une source de motivation pour moi.
Qu'aimez-vous faire de votre temps libre? (Stéphanie Lacourt)
Oh, je suis plutôt un garçon simple. J'aime passer beaucoup du temps à faire du shopping. J'adore les fringues et j'essaie toujours de faire attention à mon image. A part ça, je me consacre à ma famille, ma petite amie et mes amis. J'aime aussi rester devant la télé et zapper. Je regarde de tout: des émissions de divertissement, à la télé-réalité ou des séries. Mais je ne regarde que très rarement le football. J'y consacre tellement de temps en semaine que j'ai besoin de déconnecter, de voir d'autres choses.
Avez-vous le sentiment d'être une proie facile pour les médias?(Robert Dufrasne)
Absolument pas. Ces moqueries, au final, m'ont rendu plus fort. A la limite, avec le temps, j'en rigole. Je suis très loin d'en souffrir. Je dirais même que ce sont mes proches qui en paient plus les conséquences que moi. Mais bon, je reste tout de même le principal concerné, celui qui est visé directement. J'ose dire les choses avec franchise, là où d'autres préfèrent se taire. C'est comme ça. Je ne changerai pas pour autant. Dans la vie, on peut améliorer quelqu'un, pas le changer.
Tout ce qui peut être rapporté dans la presse à mon sujet ne m'atteint pas. Je sais ce que j'ai dû endurer pour en arriver là et c'est bien ma fierté. Je ne dois rien à personne, si ce n'est à moi et à mes proches. Rien ne peut me toucher. Ma franchise, mon caractère, mon look, mon tempérament... Tout ça m'a permis d'être titulaire dans l'un des meilleurs clubs du pays.
Vous avez déclaré "vouloir un jour revenir au Standard" avant le clasico. Etait-ce de l'intox, un coup de bluff ou une vraie envie de votre part? (Jean-Marc Simon)
Mes propos ont été sortis de leur contexte. Ce que j'ai voulu dire, c'est que je reviendrai peut-être un jour au Standard, c'est vrai, mais pas uniquement comme joueur. Je pourrais très bien y revenir dans plusieurs années comme entraîneur de jeunes ou dans un autre rôle. Ou même jamais.
Dans quel état d'esprit êtes-vous avant une rencontre? Comment préparez-vous un match? (Giovanni Leone)
Comme je suis le plus jeune de la "bande", j'essaye d'être celui qui met une bonne ambiance dans le vestiaire. Je reste très souriant et très détendu. Ma concentration ne commence vraiment qu' à une demi-heure du début du match. En revanche, comme beaucoup de footballeurs, il m'est impossible de fermer l'oeil en rentrant chez moi. Ca doit être le stress, l'adrénaline... Il me faut au moins 3 ou 4 heures avant de trouver le sommeil.
Quel genre d'enfant etiez-vous? (Marc Dupont)
Je n'étais pas un si mauvais éléve que ça. Le problème, c'est qu'à 10 ans, je savais déjà ce que je voulais devenir: footballeur pro. Donc l'école... J'étais un élève turbulent, caractériel. Pas impulsif mais je n'étais jamais tranquille. J'ai fait deux ou trois petites bêtises de gamin mais jamais de grosses conneries. Sinon, mes parents ont toujours été très proches de moi et m'ont donné une bonne éducation. Je leur dois beaucoup et je pense que je suis en train de les remercier à ma manière.
Y a-t-il un événement dans l'actualité qui vous a profondément choqué ces dernières semaines? (7sur7)
La tuerie de Termonde m'a bouleversé. Quand on voit de tels faits divers, plus rien ne compte. Le football et tout le reste sont secondaires. S'attaquer et tuer des petits bébés innocents qui ne demandaient qu'à vivre est ignoble, horrible. J'ai des projets, je veux fonder une famille. J'ai essayé de me mettre à la place des parents même si je ne peux ressentir exactement leurs souffrances. Ca fait réfléchir en tout cas.
Vous avez été l'un des grands artisans de la victoire des Mauves dans le "clasico". Quatre points d'avance sur le Standard, est-ce suffisant? (Pierre Stankowski)
Non. On commettrait une grave erreur en pensant ça. De toute façon, je partais du principe que, peu importe le résultat final, le "clasico" ne serait pas décisif pour le championnat. C'est un des tournants du championnat, certes, mais rien n'est joué. Le parcours est tellement semé d'embûches, de pièges... Et puis nos adversaires jouent le match de l'année quand ils jouent contre nous. Ils sont à 200 voire même 300% pour battre Anderlecht. Il faut être méfiant.
Christophe Da Silva
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