"J'ai prié pour que Mouscron soit sauvé"

sauvegarder
Par: rédaction
20/03/09 - 10h00
Christophe Lepoint a signé un contrat de 4 ans à La Gantoise.
 Oui je pense aux Diables. Je pense que c'est normal. Mais en équipe nationale, vous avez vu les joueurs qui jouent dans la même position que moi: Fellaini, Defour, Witsel... 
Pour sa première saison en D1, ce Bruxellois d'origine a crevé l'écran.
 J'ai connu la vraie galère. J'ai joué pour un club amateur pendant 5 mois dans la région bruxelloise et ma femme venait de tomber enceinte 
Il a été l'un des grands artisans de la montée de Tubize dans l'élite.
 Même si j' en veux toujours à Anderlecht aujourd'hui, j'y retournerais sans hésiter s'il m'appelle un jour 
Formé à Anderlecht, Christophe Lepoint a été appelé en équipe nationale jusqu'en Espoirs.
 Ce club ne méritait pas ça. Pour sa région, pour ses bénévoles et surtout pour les jeunes du Futurosport 
Sa force physique, son abattage et son volume de jeu lui ont permis de s'imposer à Mouscron.

Christophe Lepoint, c'est l'une des bonnes surprises de notre championnat. Pour sa première saison parmi l'élite, le Bruxellois d'origine crève l'écran sous le maillot de Mouscron. Mouscron, c'est aussi le club qui a attiré toutes les attentions ces dernières semaines en raison de ses énormes problèmes financiers. Le moment idéal pour rencontrer le futur joueur de La Gantoise.

Christophe, on imagine que vous avez poussé un grand "ouf" de soulagement en apprenant la bonne nouvelle mardi dernier. Qui vous a mis au courant? (Christian Verhulst)

Le soulagement, c'est le mot le plus juste pour parler du sentiment que j'ai ressenti. Même si je quitte le club en fin de saison, je priais pour ne pas que Mouscron dépose pas le bilan. Ce club ne méritait pas ça. Pour sa région, pour ses bénévoles et surtout pour les jeunes du Futurosport. Nous les joueurs, nous avons appris la bonne nouvelle très simplement. M. Dufermont est descendu dans le vestiaire pour nous dire qu'il y avait un repreneur et qu'il fallait encore quelques jours pour concrétiser le projet.

D'un point de vue sportif, est-il possible de se préparer normalement pour une rencontre quand son club est à deux doigts de la faillite? (Marc Lejeune)

Sincèrement non. Je pense que c'est humain. On n'avait pas la tête à ça. Personnellement, je dors mal depuis une semaine. Je ne sais pas si c'est lié à cette affaire mais il faut avouer que c'est un drôle de hasard. Depuis quelques semaines, on n'arrêtait pas de parler de ça.

L'avenir pour vous, c'est La Gantoise. Malgré votre jeune âge (24 ans), vous avez un sacré passé. Ce transfert est-il synonyme de stabilité? (Thierry Devos)

On peut le voir comme ça. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je pense avoir fait le bon choix. Pourquoi La Gantoise? Bien sûr, parce Michel Preud'homme est l'entraîneur. Manu Ferrera, son adjoint que j'ai connu chez les jeunes à Anderlecht, a également joué un grand rôle dans ma decision. Et finalement, le discours de M. Louwagie (NDLR: le manager des Buffalos) m'a plu. La Gantoise est un club qui est en train de grandir. Concrètement, ça veut dire jouer une place dans le top 3 dès la saison prochaine. Ca tombe bien car il s'agit aussi d'un pas en avant dans ma carrière.

Vous avez été formé à Anderlecht pendant 12 ans. Vous êtes même arrivé aux portes de l'équipe première. Est-ce votre plus grand regret? (7sur7)
Oui. Sans aucune prétention, je pense que j'avais le talent pour réussir dans ce club. En reserve, je jouais avec Vincent Kompany, Anthony Vanden Borre ou encore Maarten Martens. Je n'ai toujours pas oublié cette épisode. Mon frère jouait à Anderlecht et mon père était délégué d'une équipe de jeunes. Même si j'en veux encore aux Mauves aujourd'hui, j'y retournerais sans hésiter un jour s'il devait m'appeler.

Munich 1860, Willem II, Gençlerbirligi... Vous avez fait une croix sur le football étranger? (Mathieu Ellen)

Pas du tout. Je rêve du football anglais. Il y a quelques années, je pouvais signer à Watford. Mais je venais à peine de rentrer en Belgique. Je ne voulais pas tout chambouler. Avec Willem II, j'ai connu d'excellents souvenirs. Nous avons atteint la finale de la coupe des Pays-Bas et le club s'est qualifié pour la coupe UEFA. En Turquie, j'ai apprécié la vie au quotidien. Les gens étaient très aimables avec moi et puis il y avait le soleil! (rires)

Une sélection chez les Diables, vous y pensez parfois? (7sur7)

Avec mes prestations, c'est normal que j'y pense. Chez les jeunes, j'ai été appelé jusqu'en Espoirs. C'est d'ailleurs ce qui m'a permis d'être transféré en Allemagne. Après, les joueurs qui évoluent dans ma position chez les Diables ne sont pas des inconnus: Defour, Witsel, Fellaini...

Vous avez connu la vraie galère en jouant pendant 5 mois dans un club amateur (à "La Mutuelle" en région bruxelloise). Avez-vous failli tout arrêter? (7sur7)

Cela ne m'a jamais traversé l'esprit. Et pourtant, Dieu sait si j'en ai bavé. C'était une période très difficile. Je venais de commettre une grosse bêtise (il a été suspendu pendant 6 mois pour avoir été contrôlé positif au cannabis) et ma femme était enceinte. En semaine, je m'entraînais avec Rhode-Verrewinkel (un club de la P1 brabançonne aujourd'hui). Le week-end, pour ne pas rester sans rien faire, je jouais dans ce club amateur. J'ai vraiment arrêté le football l'année où mon papa a disparu. Je n'avais que 15 ans.

De quoi êtes-vous le plus fier aujourd'hui? (Yves Vandermaelen)
De mon enfant, Marco, qui soufflera ses 4 ans le 15 avril prochain. Il vient régulièrement me voir au stade. Il commence tout doucement à taper dans le ballon. Et puis, je suis fier d'avoir réussi à jouer en division 1. Mon parcours, comme vous l'avez dit, a été semé d'embûches. Malgré tout, j'y suis parvenu et j'ai encore envie d'aller plus haut. Je le dois aussi à mon père qui a fait tant de sacrifices pour moi.

Pensez-vous déjà à votre renconversion? (Giuseppe Galetti)

Il est vrai que ça m'arrive parfois. J'ai deux idées en tête. Primo, c'est de continuer dans le football et transmettre mon vécu aux jeunes. Secundo, j'ai une vraie passion pour la cuisine. Et ce depuis mon plus jeune âge. Je réussis bien les scampis diaboliques (il sourit). Il est bien possible que je décide d' ouvrir un restaurant ou quelque chose dans ce style.

Dans le milieu du ballon rond, qui sont vos vrais amis? (Sophie Heymans)

Avec Tubize, nous étions tous très proches. Il y avait une belle bande d'amis avec les Neels, Vandenbroeck, Berghmans, Mununga... On s'appelle encore très régulièrement. Mais j'ai aussi gardé des contacts de mes passages à l'étranger. Sauf en Turquie où je n'ai plus aucun contact.

Christophe Da Silva

Malgré ses 24 ans, il a déjà connu trois championnats étrangers différents: l'Allemagne, les Pays-Bas et la Turquie.

Votre avis nous intéresse!