Les juges financiers Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset viennent de clôturer leur enquête sur les transferts douteux du Paris Saint-Germain (PSG) entre 1998 et 2003 dans lequel une vingtaine de personnes ont été mises en examen, dont certains agents au nombre desquels Roger Henrotay.
Les magistrats ont signifié vendredi la fin de leurs investigations aux différentes parties du dossier qui disposent désormais de trois mois pour demander d'éventuels actes complémentaires aux juges avant que le parquet ne prenne ses réquisitions. Les juges se prononceront ensuite sur un éventuel renvoi des mis en cause devant le tribunal correctionnel. Plus d'une vingtaine de personnes, dont les anciens présidents du club Laurent Perpère (1998-2003) et Francis Graille (2003-2005) et de nombreux agents de joueurs, ont été mis en examen dans ce dossier.
Le Paris Saint-Germain est également poursuivi dans ce dossier en tant que personne morale pour "travail dissimulé" et "faux et usage". Les magistrats ont enquêté pendant trois ans sur l'existence d'un vaste système de fraude organisée au sein du PSG entre 1998 et 2003 visant à répondre aux exigences financières de joueurs et d'entraîneurs en limitant les charges sociales et fiscales versées par le club. L'existence de ce système a été confirmée aux magistrats par plusieurs témoignages dont celui de l'ancien directeur financier du club, Rodolphe Albert, ou de son supérieur Pierre Frelot.
"Complicité"
Un premier volet de l'enquête a été consacré à un système d'entente présumé entre le PSG et l'équipementier sportif américain Nike, mis au jour par un audit interne de Vivendi Universal, alors propriétaire du club via sa filiale Canal+, et partie civile dans ce dossier. Nike France et Nike Europe en tant que personnes morales en notamment été mis en examen dans ce cadre pour "complicité de travail dissimulé et usage de faux". Selon l'accusation, le club parisien aurait demandé à Nike de verser des compléments de salaires à certains joueurs, ce qui aurait permis au PSG de payer moins de charges sociales et aux joueurs moins d'impôts.
Pour rentrer dans ses fonds, Nike aurait de son côté facturé de fausses amendes au club pour non-respect des obligations du contrat à l'image. De 1998 à 2003, vingt-quatre joueurs dont Lionel Letizi, André Luiz (arrivé au club en 2000) ou Romain Rocchi (arrivé en 2002) et deux entraîneurs auraient bénéficié de ce système pour une enveloppe totale de neuf millions d'euros. Un second volet de l'enquête, ouvert pour "faux et usage de faux et exercice illégal de la profession d'agent de joueurs", a été consacré aux agents de joueurs.
Selon les enquêteurs, certains agents auraient perçu des surcommissions (supérieures aux 10% légaux) lors du transfert de leur joueur au Paris SG et les auraient ensuite reversées à leur poulain comme compléments de salaires non déclarés. Parmi les agents mis en examen figurent Ranko Stojic (ancien gardien de but d'Anderlecht et du FC Liège), Richard Bettoni, Dominique Rodriguez, Milan Calasan et Roger Henrotay. Roger Henrotay serait mis en cause pour les transferts suspects de deux joueurs: Augustine "Jay-Jay" Okocha et Rabiu Baita.
"Jay-Jay" Okocha, champion olympique 1996, fait partie des meilleurs joueurs de l'histoire du Nigeria. Il avait été recruté en 1998 au PSG par Charles Biétry. Il est resté à Paris jusqu'en 2002, avant de rejoindre le club anglais de Bolton puis le Qatar SC, à 33 ans. Au PSG, ses prétentions salariales (2 millions de dollars nets d'impôts par an en moyenne) étant supérieures à son contrat de travail, le solde avait été réglé par divers biais, dont le transfert fictif d'un autre joueur nigérian, Rabiu Baita. Aucun des joueurs du PSG concernés par ces transferts douteux n'a été mis en examen dans ce dossier. (belga)


