Abramovitch, oligarque discret et patron de Chelsea

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Par: rédaction
20/05/08 - 14h35

Roman Abramovitch, résidant officiellement à Moscou, a rarement été vu dans des circonstances aussi retentissantes que la finale de Ligue des champions qui opposera mercredi soir son club londonien Chelsea à Manchester United.

Cette finale entièrement britannique, qui se jouera à Moscou, est une première pour Chelsea depuis qu'Abramovitch a racheté le club en 2003, dans lequel il aurait depuis investi des centaines de millions de dollars.


M. Abramovitch est "enthousiasmé" par la perspective du match, qui drainera des dizaines de milliers de supporters britanniques sur le territoire russe, assure son porte-parole, John Mann.

23,5 milliards de dollars
Discrétissime avec les médias, timide, mais pilier de la jet-set, l'oligarque, âgé de 41 ans à peine, a récemment été détrôné du titre d'homme le plus riche de Russie par l'homme d'affaires Oleg Deripaska, selon le classement du magazine américain Forbes.

A l'échelle planétaire, Abramovitch, qui est aussi gouverneur de la région glaciale et défavorisée de Tchoukotka (Extrême-Orient russe) se classe au 15e rang, avec une fortune estimée à 23,5 milliards de dollars.

Selon un magazine d'art britannique, il serait le mystérieux acheteur au prix fort de deux oeuvres vendues la semaine dernière -un triptyque de Francis Bacon et un tableau de Lucian Freud- pour un total de quelque 120 millions de dollars.

Fortune dans le pétrole
Il possède aussi plusieurs villas archi-luxueuses à Londres, mais "sa résidence principale a toujours été Moscou", assure John Mann. La même ville, dans laquelle il est arrivé en 1974, et qui l'a vu bâtir sa fortune à une allure époustouflante en surfant sur le chaos post-URSS des années 90.

Né à Saratov dans le sud de la Russie, orphelin dès son plus jeune âge et élevé par son oncle, le jeune Roman a fait des études d'ingénieur à Moscou avant de se lancer dans les affaires, en fondant des PME.

Sous des abords simples -les photographies dans les magazines le montrent couramment en gros pull sur une simple chemisette- il s'avère rapidement être un homme d'affaires redoutable.

En 1996, le gouvernement cède la majorité des actions du vaste groupe pétrolier Sibneft pour 100 millions de dollars, c'est-à-dire une fraction de leur valeur réelle. Les titres finissent dans le portefeuille d'Abramovitch.

Du pétrole à l'aluminium en passant par l'automobile, sa fortune s'arrondit rapidement. Il a ses entrées au Kremlin, où les oligarques nouent des relations étroites avec l'entourage du président Boris Eltsine.

Un héros dans sa région
Mais quand Vladimir Poutine succède à Boris Eltsine en 2000, il opte pour la prudence et prend ses distances avec la "famille" de l'ancien chef de l'Etat qui ne fait plus la pluie et le beau temps.


Il échappe ainsi au destin de son collègue oligarque Mikhaïl Khodorkovski, ancien patron du groupe pétrolier Ioukos, tombé en disgrâce pour ses supposées visées politiques et qui continue aujourd'hui de purger sa peine pour fraude fiscale et escroquerie dans une prison de Sibérie.

En 2003 déjà, Roman Abramovitch avait été qualifié de "sous-marin" du Kremlin pour avoir torpillé au dernier moment la fusion de Sibneft avec Ioukos.

Dans les immenses étendues glacées de la Tchoukotka, Abramovitch est à l'inverse perçu comme un héros, grâce aux importants fonds qu'il y a investis pour tenter de hisser la région hors de la pauvreté.
Il a depuis revendu ses parts dans Sibneft à l'Etat. Il est aujourd'hui essentiellement actif dans la métallurgie, via le groupe russe Evraz dont il détient 41%.(afp)

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