Les grimpeurs italiens sont au pied du mur dans le Giro qui arrive samedi dans les Dolomites au lendemain d'une étape de transition gagnée au sprint par le jeune britannique Mark Cavendish.
Pour Gilberto Simoni et Riccardo Ricco, tous deux candidats à la victoire finale, l'heure est venue. "Ce sont mes étapes", annonce le plus jeune (24 ans), Ricco, qui songe surtout à la maxi-étape de la Marmolada, dimanche, avec six ascensions au programme.
L'Alpe de Pampeago, terme samedi de la 14e étape qui franchit auparavant l'interminable passo Manghen (23 km de montée), rappelle de grands souvenirs à Simoni (36 ans) qui s'était imposé dans ce site d'altitude en 2003, l'année de sa seconde victoire dans le Giro. Quatre ans plus tôt, il avait pris sur cette route très pentue la deuxième place derrière l'intouchable Marco Pantani qui allait 40 heures plus tard être exclu de la course.
Contador
"C'est un autre Giro qui commence, un Giro dur", estime le Trentin, dont la cote monte au sein du peloton après sa performance dans le contre-la-montre d'Urbino (10e). "Qui surveiller ? on verra bien. Une certitude: celui qui gagnera devra combattre."
La troisième pointe italienne, Danilo Di Luca, abat lui aussi une carte d'importance dans ce week-end que l'Espagnol Alberto Contador, le point de référence de la course (3e au classement général, à 6 min 59 sec de Giovanni Visconti), aborde en position de force. Même si le vainqueur du Tour de France 2007 a perdu 13 secondes dans une "cassure" survenue dans le final de l'étape, tracé autour des remparts de la petite cité de Cittadella.
La revanche de Cavendish
La neutralisation pour des questions de sécurité des trois derniers kilomètres a abouti, dans les faits, à une certaine confusion. Plusieurs protagonistes de la course (Ricco, Piepoli, Leipheimer, Menchov), rejetés dans un deuxième groupe à 4 kilomètres de l'arrivée, ont perdu eux aussi 13 secondes par rapport à d'autres adversaires (Klöden, Savoldelli, Nibali, Di Luca). Dans un premier temps, l'écart avait même été chiffré à plus d'une minute!
Hormis cet incident, la 13e étape s'est résumée à une échappée, signée du Français Mickaël Buffaz -un habitué de ces raids dans le Giro- et de l'Espagnol Josu Agirre, qui entendait fêter dignement son 27e anniversaire. Le duo a été rejoint à 12 kilomètres de l'arrivée avant l'inévitable sprint compte tenu du parcours rigoureusement plat.
Dans cet exercice, Cavendish, battu d'un souffle la veille par Daniele Bennati, a pris une nette revanche. L'écart s'est mesuré à plusieurs mètres entre les deux hommes qui ont jusqu'à présent confisqué la totalité des sprints du Giro. Avec un score de 3-2 en faveur de l'Italien par rapport au jeune coureur de l'île de Man (22 ans).
Leur duel à répétition a souligné le recul de l'Allemand Erik Zabel, quatrième à Cittadella malgré le travail de ses équipiers, et plus encore de l'Australien Robbie McEwen, en échec depuis le début du Giro. Pour la première fois depuis qu'il participe au Tour d'Italie (2002), McEwen n'a pas enlevé d'étape avant la montagne.
- Classements du Giro après la 13e étape


