Capture d'écran
Les malheurs de Bernard Boileau ont largement contribué au bonheur de RTL TVI. Le dernier numéro des "Orages de la vie" qui a été consacré à l'ancien champion de Belgique de tennis a fait un tabac: plus de 700.000 téléspectateurs ont suivi l'émission présentée par Stéphane Pauwels.
Peut-être méconnu de la génération actuelle, Boileau a quand même marqué l'histoire du tennis belge, avec huit titres de champion de Belgique. Bref rappel de son tumultueux parcours pour les plus jeunes. Dès son adolescence, il est promis à un bel avenir. Pétri de talent et considéré comme le joueur le plus doué de sa génération, il enchaîne les succès. En juniors, il se paie le scalp d'Ivan Lendl et de Yannick Noah, qui lui prête "le plus beau revers du circuit". Issu d'un milieu modeste à Angleur, Boileau débarque dans le prestigieux club du Leopold, à Uccle. "Un changement radical", selon ses termes. A cette période, il découvre l'argent facile, se voit offrir un studio et une voiture de sport. La gloire lui monte à la tête.
Dès 19 ans, il devient champion de Belgique et enchaînera huit titres d'affilée. En pleine apogée, c'est déjà la descente aux enfers qui commence. En 1983, il découvre les stupéfiants: d'abord des drogues douces, puis de l'héroïne, qu'il consomme la veille de ses matchs. Très vite, il devient accro et sombre complètement. "Boileau était bourré de qualités, mais il lui manquait quelque chose au niveau mental, psychologique, pour gérer les à-côtés. D'autres sont parvenus à surmonter ces problèmes et à se focaliser sur la partie saine de ce métier, c'est-à-dire l'aspect purement sportif", analyse Philippe Dehaes, coach réputé du tennis belge.
Bernard Boileau incarne le prototype parfait du champion déchu, qui n'a pas su gérer sa carrière. Il ira même jusqu'à purger une peine de 3 mois de prison ferme à la prison de Saint-Gilles pour un vol avec violence. Il y côtoiera des truands comme Murat Kaplan par exemple. Aujourd'hui, il émarge au CPAS et se déplace à vélo. Au-delà du parcours tourmenté retracé dans le reportage, on ne peut difficilement éprouver autre chose que de la pitié pour Bernard Boileau. A 52 ans, il n'est plus que l'ombre du séduisant jeune homme qu'il était au début des années '80. Il parle difficilement et paraît très marqué dans son visage. Un gâchis sans nom. Un gâchis humain.
M.B.


