Kristof Vliegen se confie à 7sur7
Kristof Vliegen n'est pas surpris de l'ascension spectaculaire de Darcis.
Après une "annus horribilis" en 2007, Vliegen se bat pour revenir à son meilleur niveau.
En Coupe Davis face à la Tchéquie, Vliegen et Rochus s'étaient inclinés de justesse en double contre Berdych et Stepanek au bout de 4 heures de jeu.
Depuis le premier janvier 2008, Vliegen est encadré par Gunter Vanderveeren, qui le suit 15 à 20 semaines par an.
Vliegen est sous contrat avec le BATD (Belgian Association for Tennis Development) jusqu'au 31 décembre 2009.
Alors qu'il avait dégringolé jusqu'à la 105e place mondiale, Vliegen occupe acuellement la 73e position.
Olivier Buchet est responsable de l'aspect "logistique" de Vliegen. Il gère, notamment, les relations avec la presse, et s'occupe du site Web.
L'année dernière, Vliegen avait été finaliste du tournoi de Mons, remporté par le jeune Ernest Gulbis.
De retour au bercail après une quinzaine américaine, Kristof Vliegen nous accueille au Tennis Club Odrimont pour un entretien exclusif. Décontracté, affable, accessible et l'esprit focalisé "tennis", le Maaseikois nous livre ses impressions sur son début de saison. Il évoque l'ascension de Steve Darcis, la Coupe Davis et sa nouvelle structure d'entraînement. Et dénonce le manque d'intérêt médiatique pour le tennis masculin belge.
Annus horribilis 2007Lâché par ses acolytes les plus fidèles, Vliegen a connu une année 2007 désastreuse. Sans doute la plus noire de sa carrière. Sur le plan tennistique, mais aussi personnel. Avec le Limbourgeois, les deux aspects sont étroitement liés. "Je suis un joueur qui marche à la confiance. Dès lors, la séparation avec mon coach Philippe Dehaes et le départ de Vincent Stavaux m'ont énormément perturbé. Mon univers semblait s'écrouler et mes points de repère s'étaient éclipsés. Je n'avais plus l'esprit tourné "tennis", confesse-t-il.
Relation de confianceDésormais encadré par le BATD (Belgian Association for Tennis Development), le Maaseikois s'est entouré de personnes de confiance et a retrouvé une situation stable. Gunther Vanderveeren, le nouveau mentor de Vliegen, connaît son poulain par coeur. Souvent torpillé par la presse pour son manque de motivation, "Fly" cravache aujourd'hui pour retrouver le niveau de jeu qui le fit accéder aux portes du top 30. Même s'il estime ne pas être encore au faîte de sa forme, le Limbourgeois semble sur la voie du retour. "Petit à petit, je retrouve mes sensations. Je sais d'où je viens. Mon niveau ne va pas revenir d'un coup de baguette magique. Je m'entraîne pour revenir au premier plan. Le travail est toujours récompensé", affirme-t-il.
La saga "Malisse"Malgré quelques gestes de réticence, Vliegen accepte de revenir brièvement sur la saga "Malisse". X-Man, qui a longtemps snobé la compétition s'est derechef mis à la disposition de l'équipe. Quelle est sa position sur cette volte-face ? "C'est toujours une plus-value pour l'équipe. Ceci dit, nous avons désormais 3 joueurs hyper compétitifs dans l'équipe. Un jeune comme Ruben Bemelmans pourra également apporter sa pierre à l'édifice. On a déjà démontré qu'on pouvait faire des résultats sans Malisse".
Presse absenteToujours dans le cadre de cette confrontation belgo-tchèque, "Fly" embraye sur ses relations, parfois orageuses, avec les médias belges. Il déplore le nombre réduit de journalistes belges qui étaient présents à Ostrava. "Le tennis masculin belge ne suscite que peu d'intérêt médiatique. Les émissaires de médias belges se comptaient sur les doigts d'une main à Ostrava. En Grand Chelem, on préfère aller voir Sharapova que de venir à ma conférence de presse", regrette le géant limbourgeois.
"Darcis va encore progresser"On peut comprendre l'amertume de Vliegen. L'intérêt médiatique se cristallise autour de Justine Henin. Quoi de plus logique évidemment. Ceci étant, cette médiatisation s'opère au détriment du tennis masculin belge et les performances de nos joueurs passent au second plan. La victoire inattendue de Darcis à Memphis, la dixième seulement dans l'histoire du tennis masculin belge, ne fut même pas télévisée. Au fait, "Fly" est-il étonné de la progression fulgurante de son compère liégeois, 46e mondial et numéro un Belge? "Pas du tout! Je savais qu'il y arriverait. Peut-être pas aussi vite, car en septembre 2006, il marchait encore avec des béquilles. Il n'a aucun point à défendre cette saison. Il peut encore progresser au classement", assure-t-il.
Naissance du site officielLa communication de "Fly" a aussi subi un petit lifting. Un projet resté longtemps lettre morte a enfin été concrétisé: son site internet (
www.kristof-vliegen.com). "C'est une initiative de ma part. Le projet était sur la table depuis longtemps, mais n'avait pas pu être finalisé. Aujourd'hui, l'idée s'est concrétisée par l'entremise d'Olivier Buchet, qui s'en occupe pleinement", explique-t-il.
Départ jeudi"Fly" s'envolera jeudi pour la Floride, où il disputera le challenger de Sunrise avant de participer au Masters Series de Miami, deux tournois dans lesquels il ne défend aucun point. Il espère poursuivre, sous le soleil floridien, son redressement sportif.
Michaël Bouche