Federer a démontré un niveau de jeu assez inquiétant pour la suite du tournoi. Son abnégation lui a toutefois permis d'accéder aux quarts de finale.
Gilles Muller réalise un parcours étonnant aux States. Après avoir passé trois tours en qualifs, le Luxembourgeois s'est offert le scalp de Haas, Almagro et maintenant Davydenko. Une performance étincelante pour ce garçon de 25 ans.
Roger Federer, tenant du titre, a dû batailler ferme mardi à New York pour remporter sa 31e victoire consécutive à l'US Open et rejoindre le valeureux luxembourgeois Gilles Muller, invité surprise des quarts de finale après un succès épique sur le Russe Nikolay Davydenko.
Muller, 25 ans, a surpris son monde en sortant la tête de série N.5 en quatre sets, au bout d'un jeu décisif héroïque 6-4, 4-6, 6-3, 7-6 (12/10), et poursuit un parcours entamé dans l'anonymat au premier tour des qualifications face à l'Algérien Lamine Ouahab, obscur 254e joueur mondial. Il est le premier qualifié à atteindre les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem depuis huit ans (Vladimir Voltchkov, Wimbledon 2000).
Voilà maintenant le Luxembourgeois prêt à défier le roi incontesté de New York, Federer, quadruple tenant du titre, qui a grandement souffert pour se débarrasser d'un Igor Andreev collant comme de la glue. Le Russe, tête de série N.23, a posé les pires problèmes à l'homme aux douze titres du Grand Chelem notamment grâce à son impressionnante puissance de feu en coup droit.
Federer a commis un nombre inhabituel de fautes directes (60) mais a profité du manque de réalisme d'Andreev, qui n'a concrétisé que deux de ses quinze occasions de break. Jusqu'au dernier set, le Russe n'a pas voulu s'avouer vaincu: le Suisse a ainsi dû défendre quatre balles de break contre lui à 4-2, dans une tension extrême, remportant cet invraisemblable jeu à son quatrième avantage pour finalement s'imposer 6-7 (5/7), 7-6 (7/5), 6-3, 3-6, 6-3.
"Jouer des gros matches comme ça sur le court central, ça me rend heureux, a déclaré le Suisse. Je n'ai pas toujours eu la possibilité de montrer mes qualités de battant ici car j'ai souvent gagné en trois ou quatre sets. Je suis heureux de l'avoir fait sur le central. C'était comme une grand fête." Et c'était seulement la troisième fois (en 47 matches) que Federer était poussé à jouer cinq sets à Flushing Meadows...
Muller a "faim"
Gilles Muller, ex N.59 mondial (en août 2005) tombé bien bas et devenu un habitué du circuit challenger (deuxième division), s'avance sans complexe. "J'ai faim, dit le Luxembourgeois. J'aimerais aller plus loin. C'est sûr que Roger sera le favori mais il y a des choses qui se passent cette semaine..." "Je ne vais pas sous-estimer Gilles, répond Federer. Il a éliminé de très bons joueurs et a remonté deux fois deux sets de retard. Il croit en ses chances et il est en confiance. Moi, je vais me concentrer sur mon jeu."
Pour l'entraîneur du Luxembourgeois, l'Argentin Horacio Rearte, il va falloir que Muller fasse "sortir Federer de son schéma de jeu". "S'il sert bien, s'il croit en lui, il peut l'inquiéter, assure-t-il. Il va tout donner". Muller pourra en tout cas demander des conseils en stratégie à Andreev. "J'ai essayé de jouer Roger sur son coup droit, a expliqué le Russe. Parce qu'après deux, trois, quatre coups droits, il finit parfois par faire une erreur. J'ai essayé et ça a marché plusieurs fois".
Le Luxembourgeois aura tout son courage à opposer au Suisse, qui a atteint la demi-finale d'un Grand Chelem dix-sept fois d'affilée, série en cours depuis Wimbledon 2004. Dans la quatrième manche contre Davydenko, Muller a ainsi sauvé huit balles de set, dont trois dans le jeu décisif, preuve de son cran. (belga)


