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Kuznetsova: "Personne ne pourra me l'enlever"

Cinq ans après sa victoire à l'US Open, Svetlana Kuznetsova a remporté samedi son 2e titre du Grand Chelem à Roland-Garros en battant Dinara Safina en finale, un trophée que "personne ne pourra" lui enlever et qui prouve que le premier n'était "pas un coup de chance".

Arrivée devant la presse maquillée et en tailleur blanc, la Russe a prévenu d'entrée: "je suis toujours la même", avant d'évoquer les moments difficiles qu'elle a traversés et comment deux joueurs, Marat Safin et Roger Federer, l'ont aidée à se remettre sur les bons rails.

Q: Que ressentez-vous après ce deuxième titre majeur de votre carrière?
R: "Je ne comprends toujours pas ce qui m'arrive. C'est un grand moment. Cela prouve que mon premier titre n'était pas un coup de chance. J'ai gagné mes deux tournois préférées. J'ai du mal à laisser libre cours à mes émotions. J'ai tellement dû les contrôler qu'elles ont du mal à ressortir."


Q: Safina aussi semblait très nerveuse...
R: "Je ne veux pas parler à sa place. C'est une grande athlète, elle travaille très dur et un jour elle gagnera ici. Elle avait beaucoup de pression mais elle mérite d'être N.1 mondiale. Moi j'étais calme, exactement comme à l'US Open. Je suis sortie sur le court et je me suis dit: +tout est génial+. C'est difficile à expliquer."

Q: Entre votre victoire à l'US Open et celle d'aujourd'hui, presque cinq ans se sont écoulés...
R: "Dieu a voulu que ça se passe comme ça. J'ai traversé beaucoup d'épreuves depuis. J'ai perdu contre Anastasia (Myskina) et Justine (Henin) ici en ayant des balles de match. Puis de nouveau contre Justine en finale. Maintenant j'ai enfin mon trophée et personne ne pourra me l'enlever."


Q: Vous aviez du mal à montrer votre joie après votre victoire...
R: "J'étais sous le choc. Surtout en gagnant sur une double faute. Dans mes rêves, lorsque je m'imaginais gagner Roland-Garros, je m'écroulais évidemment sur la balle de match. Mais là, ce n'était pas possible. Après quelques verres de vin, ça ira mieux."

Q: Vous dites avoir traversé beaucoup d'épreuves depuis 2004. Lesquelles?
R: "Il y a eu des moments très durs. Comme l'année dernière lorsque j'ai décidé de quitter l'Espagne et de retourner vivre à Moscou. Mon coach n'était pas content. J'ai même pensé à prendre ma retraite. J'en ai parlé à Marat (Safin). Il m'a dit: +t'es dingue ou quoi?+."

Q: Y a-t-il eu un déclic?
R: "De retour à Moscou, beaucoup de gens m'ont dit que je ne serais pas capable de m'entraîner là-bas. Qu'il y aurait trop de distractions, trop de vie nocturne. Mais aux JO (de Pékin) mes potes basketteurs sont venus me voir pour faire des photos avec Roger (Federer). Je n'aurais jamais osé les demander pour moi. Mais là je suis allé le voir et on a discuté dix minutes. Je lui ai raconté mes problèmes. Il m'a dit que tout dépendait de moi, Moscou ou pas Moscou. Cela m'a aidée."

Q: Allez vous suivre la finale de Federer dimanche?
R: "Je serai probablement dans l'avion pour Moscou. Mais j'y ai pensé. Cela signifierait beaucoup pour moi qu'on gagne la même année ici car lorsque j'avais remporté l'US Open, il l'avait gagné lui aussi. Je serais contente pour lui."




06/06/09 20h48
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