Alonso et McLaren-Mercedes dominent dans la tourmente
McLaren-Mercedes, malgré les soucis internes, a dominé les qualifications du Grand Prix d'Italie samedi à Monza en plaçant ses deux pilotes en première ligne pour la cinquième fois en douze courses, Fernando Alonso signant la pole position devant Lewis Hamilton. Pourtant, c'est la mine totalement abattue qu'est apparu après la séance le patron de McLaren-Mercedes, Ron Dennis, comme écrasé par le poids des ennuis et, soudain, des années.
C'est que le parquet de Modène qui enquête sur l'affaire d'espionnage dont a été victime Ferrari et dont McLaren-Mercedes est accusée d'avoir profité, devait lui remettre, ainsi qu'à d'autres membre de l'écurie, "l'avis de garantie" le prévenant qu'il était officiellement mêlé à une enquête judiciaire.
"Je n'ai encore rien reçu, ça viendra peut-être...", a simplement commenté Dennis après les qualifications, ajoutant que son objectif actuel était de "démontrer les capacités de l'équipe en piste". Ce que ses pilotes firent de belle manière. Le double champion du monde a en effet confirmé en piste un début de week-end tonitruant: l'Espagnol s'est montré le plus rapide des 2e et 3e séances d'essais libres ainsi que de chacune des trois phases de qualifications. Au bout du compte, une troisième pole cette année, la 17e de sa carrière.
"Oui, mais le plus important, c'est la course", a-t-il souligné dans le plus grand calme, manifestement détendu, contrairement à son patron avec lequel les relations sont glaciales. "Nous avons été très rapides tout le week-end et lors des essais privés la semaine dernière. Aujourd'hui (samedi en qualifications), nous avons saisi une opportunité et nous espérons faire de même en course" dimanche, a-t-il dit. En signant le deuxième chrono des qualifications, Hamilton a permis à McLaren-Mercedes de s'arroger la première ligne pour la cinquième fois cette saison.
"L'équipe était très motivée pour cette course car la Turquie a été décevante: même si nous avons accroché le podium, nous n'étions pas assez rapides pour suivre les Ferrari. Alors nous avons fait de gros efforts pour revenir sur eux ici", explique Alonso qui avait terminé troisième à Istanbul il y a deux semaines, derrière le duo Ferrari Felipe Massa-Kimi Räikkönen. Au vu des qualifications, effectivement, les Flèches d'argent sont prêtes à jouer un mauvais tour à la Scuderia sur ses terres de Monza. Troisième des qualifications, Massa a échoué à plus d'une demi-seconde d'Alonso, tandis que Räikkönen est cinquième à plus d'une seconde. Le Finlandais a même été devancé tout à la fin par la BMW Sauber de Nick Heidfeld.
"Nous pensions être mieux que ça... mais nous pensons aussi que nous serons meilleurs en course que nous ne l'avons été en qualifications", a prédit Massa. Räikkönen, lui, a subi en qualifications un contre-coup psychologique à sa violente sortie de piste matinale, qui l'a empêché de s'employer au maximum. Lors de la 3e séance d'essais libres en effet, alors qu'il s'apprêtait à tourner à gauche après un freinage abord é à environ 330 km/h, sa monoplace a soudain décroché sur sa droite pour percuter le muret en béton et le frotter sur plusieurs dizaines de mètres avant de se planter de face dans un mur de pneus.
"J'ai bloqué mes roues au freinage, et la voiture est partie à droite au lieu de partir à gauche", a raconté le Finlandais dans son style inimitable. En fait, sa F2007 a rebondi sur le revêtement bosselé au moment où il freinait, rendant la monoplace incontrôlable. Et le muret était juste là... Le départ du Grand Prix d'Italie est programmé dimanche à 14h00 (12h00 GMT).