Gella Vandecaveye a appelé, dans une lettre ouverte jeudi, tous les responsables politiques de ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin le 8 août prochain.
L'ancien championne de judo et actuelle coordinatrice du sport d'élite flamand, Gella Vandecaveye a appelé, dans une lettre ouverte jeudi, tous les responsables politiques de ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin le 8 août prochain. Il s'agit selon elle d'un signal fort afin de protester contre l'occupation du Tibet par la Chine et la situation intolérable à l'intérieur de la Chine.
"La Chine a reçu les Jeux Olympiques et c'est une arme à double tranchant. Les dirigeants chinois peuvent laisser voir leur pays par son plus beau côté et montrer sa plus belle façade, mais, d'autre part, ils doivent accepter que l'on appuie où cela fait mal. Les Jeux sont pour les athlètes et les sportifs. Mais je ne suis pas aveugle", déclare Vandecaveye, qui a disputé quatre Jeux et remporté deux médailles: argent (1996) et bronze (2000). Elle a aussi conquis 2 titres mondiaux et sept titres européens dans la catégorie des moins de 63 kg.
"Les Jeux constituent un excellent moyen pour attirer l'attention sur la problématique du Tibet. (...) La Chine est le pays avec le plus grand nombre de peines de mort au monde, avec de la torture, du travail des enfants, de la censure, de la limitation des naissances, des déménagements obligatoires et avec un manque de liberté d'expression. Le monde occidental n'a pas une belle image de ce grand marché économique. Toutes ces situations intolérables doivent être dénoncées (...)" ajoute-t-elle encore.
"Je ne suis ni politologue ni historien. Je n'ai aucune prétention, et encore moins la connaissance pour sortir une solution de ma manche. Mon sentiment est que davantage d'action et de pression doivent venir du monde politique. Les instances internationales comme l'ONU et l'Union européenne doivent aller dans le même sens, mais se contentent pour l'instant d'observer. Il n'y a pas de solution sur les barricades, dixit Jacques Rogge, 'notre' président du CIO. La diplomatie silencieuse est encore plus insuffisante", estime la Courtraisienne de 34 ans.
"C'est pourquoi j'appelle les dirigeants européens, et autant de leaders du monde possibles à observer un boycott de la cérémonie d'ouverture. De cette manière, un signal fort et solidaire serait donné au président (chinois) Hu Jintao et à son premier ministre Wen Jiabao. Laissons la Chine résoudre de manière interne la problématique du Tibet et la question des droits de l'homme. Mais que cela se passe à travers un dialogue ouvert, sous le regard et une petite pression dans le dos des politiques occidentaux", conclut Gella Vandecaveye. (belga)


