Le temps des questions pour le XV de France
Le XV de France, traumatisé par la défaite face à l'Argentine en match d'ouverture vendredi au Stade de France, va s'efforcer de surmonter ses blocages psychologiques avant d'aborder une course désespérée vers la qualification pour les quarts de finale de la Coupe du monde. Quelques minutes de sommeil grappillées ça ou là. Entre deux épisodes du cauchemar, inlassablement ressassé. Samedi matin, les joueurs et l'encadrement du XV de France avaient les yeux gonflés par une nuit d'interrogations et deux questions lancinantes: pourquoi une telle fébrilité? Comment éviter d'affronter les All Blacks en quart de finale à Cardiff? Les raisons de la défaite. Pour expliquer la prestation fantomatique, l'encadrement avance une fébrilité quasi-générale, et les carences de l'axe 9-10-12-13, chargé de la conduite du jeu.
"On a tous perdu", a rectifié Fabien Pelous, ancien capitaine et premier lieutenant de Raphaël Ibanez. N'empêche ! la charnière Mignoni - Skrela a semblé complètement inhibée par le contexte du match et sa fébrilité a déteint sur l'ensemble de l'équipe. Le triangle arrière (Dominici, Heymans, Rougerie) a failli sur les ballons hauts. L'encadrement, qui a favorisé "l'enfermement" derrière les hauts murs du CNR de Marcoussis depuis le début de la préparation, confesse d'ailleurs des lacunes dans l'accompagnement psychologique de certains joueurs. La composition du banc des remplaçants où figuraient cinq avants et deux trois-quarts pose également question, autant que le "coaching", qui a laissé Thierry Dusautoir sur le banc jusqu'au coup de sifflet final.
Concernant le match proprement dit, les Français ont peut-être failli dans l'approche tactique, en privilégiant le jeu vers les extérieurs alors que les sorties du ballons étaient retardées par les Argentins dans toutes les mêlées ouvertes. Un problème que le pack français, plutôt conquérant par ailleurs, n'a jamais rectifié. Le XV de France a également été incapable de limiter les pertes de ballons dans le jeu au contact de la défense adverse. . Et maintenant ? Concentrés sur la récupération jusqu'à dimanche après-midi, avant de bénéficier de 24 heures de repos, les joueurs entameront mardi la préparation du match face à la Namibie, dimanche à Toulouse. La composition de l'équipe, qui sera dévoilée mercredi, fournira quelques indications précieuses pour l'avenir.
La défaite face aux Pumas devrait précipiter certains retours en grâce en vue du match décisif face à l'Irlande, le 21 septembre: Lionel Nallet en deuxième ligne, Thierry Dusautoir et Yannick Nyanga en troisième ligne, la charnière Elissalde - Michalak, David Marty au centre, Vincent Clerc à l'aile. Et Clément Poitrenaud à l'arrière, un poste où Cédric Heymans, très fébrile sur les ballons hauts, n'a pas réédité sa performance de Cardiff face au pays de Galles. . Les chances de qualification. Battu par l'Argentine, le XV de France a encore son destin en mains. Les Français seront assurés d'accéder aux quarts de finale s'ils remporten t leurs trois derniers matches, face à la Namibie, le 16 septembre, l'Irlande, le 21 septembre, et la Georgie, le 30 septembre.
Mais il s'agit surtout d'éviter la deuxième place, synonyme de quart de finale face aux All Blacks à Cardiff... Pour espérer terminer premiers de la poule, et affronter l'Ecosse ou l'Italie en quart de finale au Stade de France, les Français, qui ont arraché un point de bonus défensif face aux Argentins, devront tabler sur un concours de circonstances. Ils devront d'abord gagner leurs trois derniers matches avec un point de bonus offensif. Et surtout tabler sur un succès de l'Irlande face à l'Argentine, le 30 septembre, sans qu'aucune des deux équipes ne marque le moindre point de bonus.