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La cour d'appel de Paris ouvre jeudi le procès des laboratoires UCB Pharma et Novartis, assignés par deux "filles Distilbène" ayant souffert de cancer ou de fausses couches pour avoir été exposées, pendant la grossesse de leurs mères, aux effets de l'hormone de synthèse.
Ce procès a lieu plus de deux ans après une décision très importante de la Cour de cassation, du 24 septembre 2009: la plus haute juridiction avait conclu qu'à partir du moment où une jeune femme prouvait qu'elle a été exposée à la molécule DES, il appartenait au laboratoire attaqué de prouver que son produit n'était pas en cause.
"La Cour de cassation avait ainsi créé une possible condamnation solidaire des deux laboratoires qui ont commercialisé la molécule, et qui ne pourront jamais prouver que leur produit n'est pas en cause", a affirmé mercredi l'avocate des deux plaignantes, Me Martine Verdier.
18 opérations et 42 anesthésies générales
Marie-Elise, aujourd'hui âgée de 47 ans, avait perdu son précédent procès, en juin 2008, quand la cour d'appel de Versailles avait estimé que la preuve du lien de causalité entre l'administration du médicament et la pathologie n'était pas établie. Mais cet arrêt avait été cassé, en 2009, ouvrant la voie au nouveau procès qui s'ouvre ce jeudi. Marie-Elise avait appris à 21 ans qu'elle était atteinte d'un cancer dénommé adénocarcinome à cellules claires, propre aux enfants de patientes ayant pris le DES.
Elle l'a "vaincu après 18 opérations et 42 anesthésies générales", a affirmé l'association Les filles DES, dans un communiqué. "Son exposition au DES in utero est certaine et le lien avec son cancer également. La question, à présent, c'est plutôt de savoir "comment les laboratoires vont être condamnés"", a déclaré le porte-parole d'une autre association, "Réseau DES France", Nathalie Lafaye.
L'autre plaignante, Mme M., 41 ans, "après avoir été exposée in utero au DES, avait fait une première fausse couche puis vécu cinq grossesses extra utérines dont une qui avait failli lui coûter la vie, deux grossesses pathologiques", selon Les filles DES.
La molécule diéthylstilboestrol (DES) était prescrite aux femmes enceintes en France entre 1950 et 1977. Elle était commercialisée sous la marque Distilbène par le laboratoire UCEPHA (aujourd'hui UCB Pharma) et la marque Stilboestrol-Borne par le laboratoire Borne (aujourd'hui Novartis).




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