Les filles, pas question d'avoir le moral dans les ballerines
Pas - ou plus - question de plier l'échine devant le temps morose qui pourrit nos longues journées de travail et nos trop courts week-ends de repos.
- "Ca va Sophie?", dit-on à notre voisine. - "Pfff pas la forme, nous rétorque-t-elle. Avec ce temps de chien, mon Jules au ski avec ses potes et donc sans moi, et mon boss qui me rabâche que je suis pas au top de mes performances, j'ai le bourdon"... Stop! Arrêtez d'écouter, car le cafard national est contagieux! Restez dans votre bulle et ne faites pas l'éponge. Vous, vous gardez le cap!
Pourquoi? Parce que plein de mini moments nous redonnent la pêche et nous remettent sur les rails, multiplions ces sensations qui nous empêchent de sombrer dans l'immobilisme et dans le mode automatique qu'on s'impose pour traverser le quotidien.
Comme on adore ces doux moments, si on s'y attardait un maximum, qu'on les savourait le plus souvent et longtemps possible et qu'on y rechargeait nos batteries en ayant conscience du plaisir que nous prenons, plutôt que de nous focaliser sur les baisses de moral qui nous taraudent?
- La première gorgée de vin blanc frais, ou de notre apéro ou cocktail préféré, le soir en rentrant du travail. Ce moment où l'on se dit: "Ca y est, c'est congé jusque demain, youpi!"
- Le bonheur de virer ses talons aiguilles, compensés ou de cowboy, après une longue journée haut perchée, et de retrouver le contact avec le sol. Ô joie...
- L'odeur d'un gâteau qui prend forme dans le four, d'un petit plat maison qui mijote: de tout ce qui nos petites mains ont créé et dont l'odeur nous rassure autant qu'elle nous met l'eau à la bouche.
- Le parfum de notre amoureux, son after shave ou son savon, sur sa peau tout fraîchement douchée, le matin avant de partir travailler.
- La vision d'avoir pris cinq centimètres et d'avoir perdu cinq kilos, avec nos nouvelles bottes à talons. "Hep mademoiselle, tu sais que t'es bien foutue?" se dit-on en toute discrétion devant notre glace...
- Le plaisir de trouver une amie dans un bar où l'on ne connaît personne ou à une soirée où l'on pensait s'ennuyer. Des instants de complicité, où l'on se sent plus forte, parce que pas seule. "Ensemble, c'est tout"... et c'est bon!
- La chaleur d'un baiser passionné après une courte séparation, une dispute ou une période de "vache maigre" dans notre couple. Retrouver les lèvres et la peau de l'autre, c'est ennivrant.
- L'impression que toute l'atmosphère change après avoir allumé la bonne lumière, au bon endroit, dans son appartement. Réussir à faire d'une atmosphère tristoune, un endroit chaleureux où, oui, il fait bon vivre.
- L'illusion d'être pleine de lumière et de bonnes couleurs, après le passage au maquillage avant le boulot ou une soirée. Pendant un instant au moins, on a réussi à camoufler nos petits complexes et à chasser la grise mine, et rien que ça, ça nous met de bon poil.
- La satisfaction et la surprise d'entendre notre chanson préférée à la radio, histoire de nous faire flirter paisiblement avec les embouteillages. Ou si l'animateur a la gentillesse d'enfin donner le titre de cette chanson qu'on rêve de charger sur notre iPod depuis des lustres. C'est bon d'arriver au travail le coeur léger et les oreilles en fête pour toute la journée, avec la bonne rengaine dans la cervelle...
- La sensation de rentrer dans un chez soi bien chauffé, quand même les pavés de notre rue grelottent. Se faire surprendre par une bonne drache et se dire qu'on avait été bien inspirée de ne pas se faire de brushing une demi-heure avant. C'est qu'on a du pot, parfois. Si, si.
- L'excitation d'un petit cadeau qu'on s'offre, d'un petit imprévu juste pour nous, parce qu'on l'a bien mérité: ce jeans dont on rêvait, ce massage qui nous faisait languir, ces truffes en chocolat auxquelles on pensait depuis des jours. Le plaisir d'arracher l'étiquette, de se donner le temps de se faire chouchouter, de sentir le chocolat fondre sur notre langue. C'est ça la vraie vie, pardi.
- La détente soudaine provoquée par le jet de la douche dans notre nuque, après une rude journée ou un trop plein de stress. Sentir que le corps reprend ses droits et revenir au monde réel, à l'essentiel. S'entendre inspirer, expirer, sous l'eau chaude qui fait fondre nos soucis.
- La douceur des draps au moment de s'y glisser le soir, exténuée. La fraîcheur de l'oreiller sur lequel se poser et le perspective de s'abandonner. Vas-y, mon petit cerveau, fais-moi rêver....
(7sur7)