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Voilà la saison des complexes qui bourgeonnent

On était contentes de voir le soleil se rappeler qu'on avait le droit de le voir briller quelque peu, de retrouver terrasses, barbecues et... vêtements légers. Et qui dit jupes courtes et bras nus dit silhouette davantage exposée. Or l'hiver ne s'était pas installé que dans le ciel: les tartiflettes, plats gratinés et autres ont réconforté nos longues soirées et se sont gentiment logés dans nos zones sensibles, objets de tous nos complexes.

Notre réalité à toutes!
Et en matière de complexes, les filles s'y connaissent toutes. Si l'âge, le temps, l'amour nous ont aidés à nous accepter un peu plus, il demeure des zones de notre corps que nous ne pouvons vraiment pas encadrer. Et parfois, vivre avec certaines en particulier devient un vrai cauchemar.

On a toutes: les jambes trop courtes, trop minces, pas assez galbées, des mollets de cyclistes ou de blanc de poulet, les chevilles "larges", les cuisses pleines de cellulite, les fesses qui tombent, trop rebondies, trop maigrichonnes, les genoux mal dessinés, les bras un peu trop flasques, une silhouette trop androgyne, les pieds trop grands, le deuxième orteil plus long que le premier, les seins en oeufs sur le plat ou qui débordent dans tous les sens, le téton droit qui est plus petit que celui de gauche, les lèvres trop fines, le nez trop grand, trop en trompette, les pommettes trop saillantes, les dents pas assez alignées et la peau pas assez douce. Certes.

L'avantage de la chose, c'est qu'on est toutes dans le même cas. Et qu'on réunit rarement tous les "défauts" physiques ci-dessus en même temps, avec trois en moyenne pour chaque femme, c'est vrai que ça nous suffit amplement.

La pub qui tue
L'inconvénient, c'est que peu d'entre nous parviennent à bien vivre avec eux. Et ce ne sont pas les douze mille affiches qui quadrillent notre quartier pour vanter les mérites du nouveau gel anti-cellulite dernier cri (oui oui on parle du même) qui vont nous remonter le moral. Gros plan sur les fesses et les cuisses impeccables d'une demoiselle en maillot sur peau bronzée, finalement on a plus tant envie que ça de la glace qu'on allait justement chercher.

Pourtant avec un peu de recul, la publicité prêterait presque à rire: jambes entrouvertes, position très alanguie (vous vous voyez poser comme ça de manière spontanée sur la plage?), fesses comme deux pommes reinettes (qui a ça dans la vraie vie sérieusement?) et la cerise sur le gateau: la peau dégoulinante uniquement dans l'entre-jambes, histoire d'évoquer on ne sait quoi de pas très ragoûtant mais surtout qui prête à se poser une question: quel est le lien entre ce message "subliminal" à connotation sexuelle et l'efficacité du produit?

Mystère... En tout cas, à moi on me la fait pas, je peux rester douze mois dans une baignoire du produit en question, et même le prendre en injections, je n'aurai jamais des fesses comme ça. Et la fille qui nous enchante à tous les coins de rue avec son arrière-train démentiel n'aura jamais besoin de la crème miracle en question.

Pas qu'un complexe

Mais certains complexes, plus personnels, sont particulièrement difficiles à vivre, car ils ont en général une vraie histoire. Le ventre en est un bon exemple. Endroit critique pour beaucoup de filles et riche en symboles, zone de la féminité par excellence, berceau de la grossesse, rapport à la vie sexuelle... le ventre n'est pas une partie du corps anodine.

Zone érogène, il est vecteur d'un message très sexuel et qui se vend bien. Les publicités regorgent de ventre nus et plats, musclés, toniques et bronzés. Difficile donc de ne pas comparer son bidon aux pages des magazines. Difficile aussi de ne pas remarquer la différence évidente entre un ventre de mannequin et notre "panse" qu'on trouve trop flasque/gonflée/ballonnée/livide. Bref pas sexy.

Faites la paix!
Le complexe de celles qui n'aiment pas se regarder le nombril est un des plus faciles à "justifier", car il empêche de s'habiller comme on le désire, et de se lâcher totalement. Pas de jeans trop serrant (le gras pourrait déborder), pas de top trop court (au risque que tout le monde remarque notre point faible), pas toujours de bikini non plus en été. Mais surtout parce qu'il est souvent lié à des douleurs, à des problèmes de confort et d'aisance.

Et pourtant, se réconcilier avec son ventre, c'est aussi se réconcilier avec tout ce qu'il véhicule. En prendre soin, c'est aussi préserver son équilibre intestinal, éviter les lourdeurs d'estomac et l'encourager à fonctionner le plus activement possible. L'aider à éliminer, c'est le motiver à ne pas rester passif. Natation, course à pieds, marche seront déjà très salutaires même si vous n'êtes pas cap de suivre un cours hebdomadaire d'abdos fessiers. Le tout est d'éviter la sédentarité.

Embellissez pour atténuer
Avec le ventre - comme avec la plupart des problèmes de poids mal logés - pas de secret: soit on a la chance de ne pas devoir s'en préoccuper, soit on a une tendance spontanée (souvent héréditaire) à prendre le mauvais gras de ce côté-là. Dans ce cas, la seule solution est de lutter au jour le jour contre le problème, sans se focaliser dessus non plus. Commencez par respecter votre système digestif et par soigner les problèmes purement médicaux qui s'y rapportent: gynécologiques, gastriques, intestinaux, circulatoires...

Embellir l'objet de vos complexes est à votre portée, par des gestes très simples: massages fermeté, peau hydratée, auto-bronzant, soutien-gorge push-up, tenues amples, accessoires pour marquer la silhouette... Des petits riens qui peuvent déjà atténuer le problème. Si le sport et vos efforts alimentaires ne suffisent pas à réduire cellulite et autres joyeusetés, vous pouvez aussi penser à l'endermologie. Traitement de la peau réputé efficace et pas trop traumatisant (il ne s'agit pas de chirurgie), cette technique demeure très onéreuse et ne se suffit pas à elle-même: vous devez impérativement réviser aussi votre hygiène de vie.

Fuyez le cercle vicieux
Mais au-delà de tout ça, l'essentiel est encore de ne pas rentrer dans le cercle vicieux du complexe. On est parfois tellement focalisée sur ce qui cloche chez nous qu'on sous-estime tout le charme de nos atouts. Car non, un défaut ne nous définit pas et non, les autres ne voient pas que ça. Votre chéri vous pince systématiquement le petit bourrelet qui hante votre hanche droite? Il vous tape sur les fesses aussi délicatement que sur celles d'un cheval et lâchant une petite remarque quand vous passez devant lui une fois sur deux? Ne paniquez pas, il n'est certes pas délicat mais il ne fait sans doute que relever ce qu'il n'aurait pas remarqué si vous n'en aviez pas parlé cent fois avec un air dépité devant votre miroir. Il veut juste dédramatiser (dans le cas contraire c'est un goujat).

L'idéal est de parvenir à ne pas attirer l'attention sur votre complexe, mais surtout à ne pas vivre en fonction de lui. Vivez-le bien, tournez-le en dérision et relativisez: il y a toujours pire que soi et personne ne vous fera un procès pour un malheureux défaut physique. Vous êtes humaine et imparfaite, ça tombe bien les autres aussi.

Vous n'êtes pas un défaut sur pattes
Misez sur vos charmes: un joli décolleté, des yeux à tomber, des cheveux de sirène, des gambettes de Betty Boop, une silhouette de brindille ou des fesses sexy, vous avez certainement bien un de ces avantages-là, et ce n'est déjà pas négligeable. Puis n'oubliez pas que tout est une question de ressenti, vous montrer bien dans votre corps et vous assumer pleinement ne peut inspirer aux autres que l'envie de faire pareil à votre égard.

Imaginez une Monica Bellucci complexée par ses formes généreuses. Cela vous paraît ridicule? Et pourtant l'italienne est considérée comme une des plus belles femmes de la planète alors qu'elle ne rentre pas dans les canons filiformes et étriqués des catwalks mondiaux. Et on ne vous sortira pas le refrain des retouches Photoshop de toutes les photos des campagnes publicitaires, vous le savez déjà.

Respectez-vous et retenez une chose: un petit défaut donne souvent un petit plus, un charme à un corps qui sinon serait bien monotone...

Annabel Claix
14/04/09 18h03
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