Cinq pas vers le bonheur

Etre une femme n'est pas facile tous les jours: celles qui travaillent culpabilisent de laisser leurs petits bouts dans les bras d'une autre, celles qui restent chez elles se sentent exclues de la société et celles qui n'en ont pas sont considérées comme incomplètes.

D'autres études montrent que nous nous inquiétons aussi pour notre poids, notre look, nos cheveux... et pour couronner le tout, nous restons désemparées face aux hommes. Un constat pas très glorieux... D'ailleurs, une étude américaine révèle que les femmes sont moins heureuses que dans les années 70, contrairement aux hommes qui vont de mieux en mieux.

La révolution féministe a fait son chemin mais il semble que celui-ci nous ait emmené sur une route remplie de doutes, d'incertitudes et de frustration: sous-payées, stressées, tiraillées entre la position de mère et la carrière, autant de pressions qui nous rendent malheureuses. Mais sommes-nous condamnées à ne pas atteindre le bonheur?

Nourriture, sexe, spiritualité?
D'après Elizabeth Gilbert, dont le livre Eat, Pray, Love a été vendu à des milliers d'exemplaires, la réponse se trouve dans la nourriture saine, une vie sexuelle épanouie et un peu de spiritualité. Mais est-ce vraiment aussi simple? Cette recette du bonheur demande également un beau compte en banque.

Evidemment il est impossible d'acheter le bonheur, mais nier son impact dans notre société serait hypocrite. Alors oui, il existe des femmes pauvres qui rayonnent de bonheur (ou en tout cas, certains aiment s'en rassurer), mais en Occident, nous naissons dans une certaine société qui nous impose ces illusions liées à la consommation.

De toute façon, nous avons toutes une idée très personnelle de ce qui peut nous rendre heureuse. D'après les recherches de Marcus Buckingham, auteur du livre Find Your Strongest Life, la réponse est simple: les femmes heureuses ont décidé de l'être malgré les circonstances, riches ou pauvres, avec ou sans enfant, en femme au foyer ou femme d'affaires.

Pour prouver ses dires, le chercheur a posé cinq questions à plusieurs milliers de femmes via huffingtonpost.com:

1. Vous autorisez vous à faire des choses qui vous tiennent à coeur?
Pour une grande majorité, les journées se composent de choses à faire plutôt que de choses que nous voulons faire. Nous avons toutes des envies, par exemple en nous disant "oh j'irais bien voir ce concert, j'adorerais visiter ce pays, ce resto a l'air sympa, j'aimerais bien apprendre la poterie, faire du yoga...", mais nous renonçons souvent car cela demande de l'organisation et cela nous semble insurmontable. Les femmes les plus heureuses sont celles qui font tout pour les mettre en pratique, même si ça demande d'autres sacrifices.

2. Est-ce que la journée qui débute vous motive?
Le réveil sonne, vous vous cachez la tête sous l'oreiller pour oublier qu'un nouveau jour commence. Ça arrive à tout le monde d'avoir des coups de mou, par contre quand cette réaction est quotidienne, il s'agit d'un signe flagrant de manque de bonheur.

Les femmes heureuses sautent de leur lit en se disant qu'aujourd'hui une belle journée s'annonce, qu'elles ont encore des tas de choses à découvrir. Tout est donc une question de perspective: je vois la vie comme je veux: en rose, en bleu ou en noir, mais j'assume mon choix de couleur. Vous détestez votre job? Avez-vous postulé ailleurs? Qu'est-ce qui vous en empêche? Ce changement ne pourra se faire que si vous tentez votre chance encore et encore...

3. Etes-vous parfois tellement prise par ce que vous faites que vous en oubliez le reste?
Le vieil adage qui affirme que le temps passe plus vite quand on s'amuse est bel et bien vrai. Lorsque nous apprécions ce que nous faisons, le temps file. Les autres soufflent et supplient leur horloge de tourner plus vite ses aiguilles. Idem pour le reste de votre vie.

4. Sortez-vous enthousiaste de votre journée de boulot?
La majorité des femmes rentrent du travail trop fatiguées pour avoir le courage d'entreprendre des tas d'activités et elles finissent souvent la soirée affalées dans le fauteuil. Selon Marcus Buckingham, le bonheur se trouve dans l'enthousiasme, celui-ci est supposé nous aider à surpasser notre fatigue.

5. Vous sentez-vous en totale harmonie avec votre vie?

Nous choisissons souvent de traverser les journées en pilote automatique, "pour tenir le coup", nous avalons notre quotidien sans même y réfléchir. Pourtant, selon Buckingham, nous devrions plus nous concentrer sur ce que nous vivons plutôt que ce que nous voulons atteindre. En somme, l'important c'est de participer, pas de gagner.

Pourquoi notre vie telle qu'elle est aujourd'hui ne serait pas parfaite? Le bonheur est une somme de petites choses, de moments agréables et en nous focalisant sur de grands rêves, nous nous empêchons de voir les jolies choses qui nous entourent. Devons-nous renoncer à nos rêves? Non, mais nous devons aussi nous accepter telles que nous sommes.

Parfois nos rêves ne se mettent pas en place car ce n'est pas encore le bon moment, parce que nous n'avons pas les moyens de les réaliser et en restant trop bloquées sur ceux-ci nous n'arrivons pas à apprécier ce qui nous entoure. Le fait d'avoir réalisé ou pas nos rêves ne nous rend pas indignes au bonheur, nous n'en sommes pas moins des femmes extraordinaires. Et si nous ne parvenons pas à nos objectifs, notre vie n'aura-t-elle aucun sens?

L'art de l'imperfection

Il faut oser dire oui et s'autoriser à être imparfaites car la perfection n'existe pas. Nous devons assumer nos actes, nos décisions car ce sont les résultats de nos choix.

Malgré ces bonnes intentions, comment garder le sourire en toute situation? Nous traversons toutes des difficultés, des événements horribles, mais nous devons les accepter et continuer à aimer la vie. Peut-être en mettant la barre un peu moins haut, pas parce que vous n'en êtes pas capable, mais parce que personne ne le peut. Personne n'accumule les réussites dans tous les domaines.

Arrêtons de croire que l'herbe est plus verte ailleurs. En nous comparant sans cesse aux autres, nous entretenons notre frustration. Nous ne connaissons pas tout des autres, leurs souffrances, leurs déceptions. Ne pleurez pas parce que vous n'êtes pas comme elle ou elle, mais choisissez d'être vous-mêmes et agissez.

S'assumer
Vous aimez ne rien faire? Assumez-le aussi, personne ne vous demande d'être une nana hyper active, à chacune ses envies et ses besoins. Nous devons apprendre à nous aimer et à aimer notre environnement, notre vie et se rendre compte que nous ne pouvons pas tout changer, que cette quête du Graal est sans fin.

Il faut se forcer à voir les choses positivement: les malheurs que nous vivons sont peut-être notre destin, des épreuves qui nous mèneront vers le bonheur, aussi dur que cela puisse paraître lorsque nous sommes au fond du trou. En somme, nous sommes les actrices de notre bonheur et il n'est pas à portée de mains, mais dans nos mains.

Caroline Albert
13/10/09 15h18
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