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Pensez-vous que les fantasmes doivent devenir réalité?
Les fantasmes, c'est comme le triangle des Bermudes. Tant mieux si on rêve de son existence. Mais il vaut parfois mieux ne pas le chercher et ne jamais le trouver ou être déçu de se trouver face à une simple île...Sabrina Bauwens, sexologue
Uniforme, triolisme, échangisme, faire l'amour à un(e) inconnu(e) croisé(e) dans la rue, faire l'amour dans un lieu public, vivre une aventure avec un collègue marié... Les fantasmes sont nombreux et font partie intégrante de la vie sexuelle. Ils sont importants. "C'est l'essence du moteur du cerveau et de l'érotisme", note Sabrina Bauwens, sexologue. "La vie sexuelle se passe aussi en dehors de l'acte. Quand on se laisse aller à la rêverie érotique, des hormones du bonheur sont envoyées par le cerveau et on se sent bien." Dès lors, doit-on vraiment réaliser nos fantasmes?
Avant de penser à les mettre sur pieds, Sabrina Bauwens conseille d'identifier le type de fantasme qu'on ressent. Car, pour elle, il "sont de trois sortes. Il y a d'abord ceux que j'écrirai avec "ph" qui sont les plus complexes. Ce sont ceux qui restent dans l'inconscient et qui vont souvent à l'encontre des règles sociales et de la vie en communauté. C'est notamment le cas du viol, des partouzes, etc. Ceux-là, c'est clair, il ne vaut mieux pas les réaliser. Ca va à l'encontre des règles sociales et, surtout, cela peut déstabiliser la personne qui les réalise. Ca met en péril sa vie de famille, son intégrité. Cela peut parfois être mal vécu. C'est difficile après ça d'endosser à nouveau la peau de la mère de famille ou de l'homme de la maison... Cela entraîne souvent un conflit psychologique important."
Mais il y a d'autres types de fantasmes, jugés "plus courants". "Il y a, d'une part, les basiques. Ce sont ceux où on décide de changer le lieu des relations sexuelles, de le faire les yeux bandés, de tester la cabine d'essayage, fantasmer sur une célébrité, etc. Et il y a les fantasmes de construction", définit Sabrina Bauwens. "Ce sont tous ceux pour lesquels on a défini un scénario. Par exemple, un couple sait qu'il va passer des vacances en Espagne et imagine faire l'amour sur une plage isolée, au coucher du soleil."
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"Comme le triangle des Bermudes"
Tous les fantasmes ne sont pas bons à réaliser. "Certains basiques se passent très bien. Il peuvent favoriser la vie sexuelle et la créativité. Quand la personne se le remémore, elle peut alors ressentir la puissance érotique du moment et cela est bon."
Mais, la plupart des cas, cela ne se passe pas toujours aussi bien. Il convient de bien en mesurer l'impact avant de le faire..."Il vaut parfois mieux les garder comme puissance érotique quand on est novice dans ce domaine-là. Dans 80% des cas, leur réalisation ne se passe pas du tout comme on l'avait imaginée... Pour reprendre l'exemple de la plage, le vent froid peut piquer, du sable peut entrer dans la cavité vaginale et provoquer des infections, on peut être vus... Il vaut mieux parfois laisser la rêverie telle quelle. Cela favorise la créativité sexuelle", ajoute la spécialiste.
Mais, si toutefois le couple souhaite se mettre au défi d'y parvenir, il y a des règles à mettre en place. "Il faut que le couple en parle avant. Les parties à trois, par exemple, peuvent être mal vécues. Ca peut provoquer de la jalousie, des sensations de viol... Or, généralement, le couple fonce tête baissée et le fait vite avant de se heurter à un non. En découlent des dommages...", regrette la sexologue liégeoise.
Pour elle, mieux vaut les garder en tête pour booster le désir. "Les fantasmes, c'est comme le triangle des Bermudes. Tant mieux si on rêve de son existence. Mais il vaut parfois mieux ne pas le chercher et ne jamais le trouver ou être déçu de se trouver face à une simple île..."




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