C'est à 1984 que remonte le tournage du tout premier porno féminin. Vingt-cinq après, il semble que les femmes sont de plus en plus fascinées par les pellicules indécentes. Le porno sort progressivement de l'ombre, il n'est plus vraiment tabou. Et d'autant plus qu'il est maintenant réalisé par les femmes elles-mêmes.
C'est ce qu'explique la réalisatrice et psychologue américaine Jeniffer Lyon Bell, dans les colonnes du Telegraaf.
Droit au sexe!
"Il y a, aujourd'hui plus que jamais, des femmes qui se prennent de curiosité pour le porno. Ce qu'elles cherchent avant tout, ce sont des images empreintes d'authenticité. C'est avec ça que je joue dans mes films", raconte la réalisatrice. "Les femmes doivent davantage crier leurs revendications. Elles ont droit, elles aussi, à une vie sexuelle épanouie. Le droit de savoir ce qui leur plaît et ce qui vaut la peine d'être essayé. C'est justement ce qu'elles peuvent découvrir au travers des films pornos"
De l'émotion
Jeniffer Lyon Bell s'est surtout basée sur ses propres émotions pour concevoir ses films Headshot et Matinée. "Je me penche particulièrement sur que je trouve, moi, attirant. Un joli petit cul, je trouve ça aussi joli à regarder qu'un bel homme. Laisser une grande part d'émotions, de ressenti, est capital dans un film. C'est pour cela que je consacre une grande partie des séquences de mes films aux préliminaires."
Curieuses, les dames
Marije Janssen, une publicitaire, a étudié l'expansion du phénomène, mais trouve que qualifier ces films de "féminins" est aussi hors du coup que peu fondé. "Je dirais plutôt que dans ces films, le plaisir féminin est un peu plus central. Ce qui ne veut pas dire que le film est vraiment 'soft' pour autant, ni qu'il est bien construit avec un bon fil rouge. Ce que veut la tendance, c'est que la frontière entre hétéros et lesbiennes soit de plus en plus mince, et floue... Les femmes sont curieuses et sont plus attirées qu'avant par les émotions mixtes. Un peu comme dans les années '80, quand la pornographie est devenue un bon moyen de se donner des idées et de révolutionner sa vie sexuelle".
Indécision
Katrien Jacobs, une chercheuse flamande en pornographie, confirme cette tendance. "Jusqu'ici, les femmes étaient nettement moins passionnées par le porno que ne l'étaient les hommes. Elles ne savent donc pas vraiment encore ce qui les excite à l'écran et se tournent donc vers à peu près toutes les catégories de porno."
Toutes sur le net
Internet a certes rendu le porno beaucoup plus accessible. "La liberté qui découle d'internet est grisante, affirme Katrien Jacobs, mais vous vous retrouvez aussi face à beaucoup plus d'images violentes qu'avant. La censure est impossible. C'est pourquoi je plaide toujours pour un 'surf' encadré, tant pour les jeunes que pour les adultes. On dit trop souvent que les jeunes gens sont devenus insensibles aux images, mais personnellement je n'y crois pas. Je donne cours à l'Université d'Hong Kong à des jeunes d'une vingtaine d'années, et j'ai remarqué qu'ils sont justement plus sensibles à propos de sexe et qu'ils en parlent beaucoup plus précisément qu'auparavant". (lvl/acx)



